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De Jarcy et la chocolaterie

Publié par Didier Hugue, le 25 mars 2013
Opération de broyage pour obtenir une matière prête à être travaillée.
Opération de broyage pour obtenir une matière prête à être travaillée.

AGROALIMENTAIRE. Qui est Philippe Bosquillon de Jarcy, le président de la Chocolaterie de Bourgogne ?

Pourquoi s’est-il associé à Jim Forman et Eugen Betz pour reprendre en décembre dernier l’usine Barry Callebaut de Dijon? Et dans quelles conditions ?

Quelle stratégie les trois hommes entendent-ils conduire pour relancer un site qui produit la moitié de la consommation annuelle de chocolat en France ?

Réponses en compagnie de Philippe de Jarcy.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Philippe de Jarcy, repreneur au mois de décembre dernier du site Barry Callebaut de Dijon (Côte-d’Or), devenu la Chocolaterie de Bourgogne, cloue rapidement le bec de l’impudent journaliste qui ose lui reprocher d’avoir patienté plus de trois mois avant de le rencontrer.

« J’aime avoir quelque chose d’intéressant à dire pour donner matière à un article argumenté », rétorque ce dernier. Explications…

Avec, Jim Forman et Eugen Betz, ses deux associés (*), cet homme de 49 ans, qui a passé presque toute sa carrière outre-Rhin, conduit une triple stratégie.

Côté outil industriel, l’unité dijonnaise dotée de 14 lignes de production sur 56 000 m2, bénéficie sur trois ans d’un programme de rééquipement supérieur à 15 millions d’€.

« Au-delà de l’acquisition de nouvelles machines, comme une dédiée à solidifier le chocolat, nous allons surtout moderniser et rendre plus flexible l’ensemble de nos lignes de fabrication qui jusqu’à présent ne produisent qu’un seul produit chacune », explique le dirigeant.

D’un point de vue social, Philippe de Jarcy entend travailler avec les représentants du personnel en faisant du comité d’entreprise un organe de concertation autant qu’une force de propositions. « En Allemagne, le dialogue est permanent, pourquoi ne pas essayer dans cette voie ? », s’interroge t-il.

Au niveau des ventes, la Chocolaterie de Bourgogne souhaite se positionner auprès d’une clientèle diversifiée. Elle continuera de produire du chocolat industriel, à l’instar du contrat qui la lie pendant cinq ans à Barry Callebaut (12 000 tonnes par an).

L’entreprise, qui emploie près de 300 personnes, produira également à façon pour de grandes marques et vient de conclure en ce sens un contrat de 3 millions d’€ par an.

Le troisième pilier commercial consiste à servir en marques de distributeurs (MDD) les grandes enseignes de la distribution française et étrangère. Un accord vient d’être conclu avec l’une d’entre elles à hauteur de 6 millions d’€ annuels et le service R&D (9 personnes) travaille à mettre au point de nouvelles recettes.

Philippe de Jarcy, président de la Chocolaterie de Bourgogne, à Dijon (Côte-d'Or).
Philippe de Jarcy, président de la Chocolaterie de Bourgogne, à Dijon (Côte-d'Or).

Un redoutable négociateur

Le chocolatier va aussi développer sa propre marque qu’il positionnera dès l’automne prochain dans le haut de gamme des linéaires de grandes surfaces.

«Nous visons les 120 millions d’€ de chiffre d'affaires d’ici quatre ans et nous réaliserons environ 70 millions d’€ sur 2013 », indique Philippe de Jarcy.

Cet ambitieux plan d’action peut-il réussir ? Plusieurs facteurs militent en ce sens. Le président de la Chocolaterie de Bourgogne hérite d’une unité, certes surdimensionnée à 100 000 tonnes, soit la moitié de la consommation annuelle de chocolat en France (**), mais en parfait état après que Barry Callebaut y ait injecté 20 millions d'€.

Le numéro un mondial du chocolat industriel lui a en outre cédé l’affaire pour 1 € après l’avoir préalablement recapitalisée à hauteur de 12 millions. L’homme sait par ailleurs s’entourer. Jim Forman et Eugen Betz sont des pointures dans leur domaine.

Le premier, Américain d’origine, a été longtemps le patron de Philippe de Jarcy lorsqu’il travaillait chez Van Houten comme directeur du marketing. Amis dans la vie, ils cherchaient depuis longtemps une entreprise, voire un petit groupe agroalimentaire à reprendre.

Eugen Betz, né en Union Soviétique et élevé en Allemagne, dirige des sociétés agroalimentaires et possède un carnet d’adresses à faire saliver les plus grands patrons.

Philippe de Jarcy a su aussi faire venir à ses côtés une force commerciale redoutable. Par expérience, lui-même sait négocier avec les plus madrés des acheteurs, assure t-il.

Après des études de commerce en Lorraine, sa région d’origine, il s’expatrie en Allemagne pendant un quart de siècle, à l’exception de cinq années passées en Hollande.

En découlent un pragmatisme et une efficacité germaniques, mais surtout, une parfaite connaissance du marché mondial du chocolat et plus globalement de la confiserie, pour avoir œuvré toute sa vie dans cet univers sucré.

La Chocolaterie de Bourgogne mettra sur le marché sa propre gamme à l'automne prochain.
La Chocolaterie de Bourgogne mettra sur le marché sa propre gamme à l'automne prochain.

(*) Les personnels possèdent depuis peu 15% du capital dans le cadre d’un holding, à raison d’une action par salarié employé en CDI. Le président de cette société est membre de droit du conseil d’administration de la Chocolaterie de Bourgogne.

(**) Premier pays pour la consommation de chocolat : les États-Unis (800 000 tonnes), puis vient la Russie (600 000 tonnes), l’Allemagne (480 000 tonnes), le Royaume-Uni (470 000 tonnes) et la France 200 000 tonnes.

Crédit photos : Traces Écrites



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, Bourgogne, agroalimentaire, Investissement, reprise, Barry Callebaut, chocolat, Philippe de Jarcy, Chocolaterie de Bourgogne, Jim Forman, Eugen Betz, stratégie industrielle

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