Dans les Vosges, Framatec assoit son ossature à l’occasion d’un changement de génération

Publié par Philippe Bohlinger, le 06 mars 2018

BATIMENT/VOSGES. La transmission de l’entreprise Framatec planifiée d’ici 3 ans, vise à garantir à ce spécialiste de l’ossature métallique un avenir en acier.
Son président Gino Luigi Pisani, 62 ans, s’apprête à céder à son fils Anthony les rennes de cette société de 80 salariés basée à Dinozé (Vosges).
Le jeune directeur-général est notamment à l’initiative du positionnement de la société sur le marché exigeant du nucléaire.

 

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L’automatisation progresse à l’image de cette découpe plasma alimentée par un rack de 300 tonnes. © Philippe Bohlinger.

 

Le cœur d’acier de Framatec bat à Dinozé, près d’Épinal, dans les Vosges, un département surtout réputé pour son industrie forestière. Avec 2,5 millions de m2 de bâtiments industriels sortis de ses ateliers ces trente dernières années, « notre entreprise a toujours faim », se réjouit Gino Luigi Pisani.

 

Le président de cette société de construction métallique s’apprête à céder les rênes à son fils, Anthony. La transmission a déjà démarré avec la cession de 33% du capital au jeune directeur-général. Elle devrait être achevée d’ici trois ans.

 

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Ingénieur en bâtiment, Anthony Pisani a déjà apporté sa marque au sein de l’entreprise qui emploie 80 salariés en CDI et 20 intérimaires sur deux sites à Rambervillers et Dinozé. Avant son arrivée en 2011, Framatec partageait son chiffre d’affaires entre quatre marchés : les ossatures simples pour bâtiments industriels et commerciaux, les passerelles et ponts pour la SNCF, les ouvrages complexes et, enfin, le parachèvement, autrement dit la réalisation de structures selon le cahier des charges de grands comptes.

Sous son iimpulsion, Framatec a mis un pied dans le secteur exigeant du nucléaire. Ce marché représente désormais un quart du chiffre d’affaires de 12,4 millions d’€ en 2016.

 

« Nous accompagnons le programme de sécurisation post-Fukushima d’EDF. Ce chantier vise à équiper les centrales en groupes diesel d’ultime-secours, afin de garantir le fonctionnement des systèmes de refroidissement des réacteurs », indique le directeur-général. Dans ce cadre, Framatec livre des ponts métalliques à claire-voie qui permettront le transport sur site des 60 tonnes d’un groupe diesel.


Des robots de soudure à l’étude

 

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Framatec se fournit en poutrelles standards chez ArcelorMittal Luxembourg. © Philippe Bohlinger.


A ce marché d’1 million d’€ en sous-traitance d’Ortec s’ajoute celui de 5 millions d’€ HT conclu avec Bouygues Nucléaire pour réaliser, à partir de septembre, des ossatures des abris anti-tornade des fameux groupes diesel sur les centrales normandes de Flamanville, Paluel et Penly.

 

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La spécialisation dans les ouvrages complexes et la sous-traitance pour des géants industriels ont assuré la pérennité de l’entreprise ces dernières années. Pour General Electric, l’entreprise réalise des ossatures métalliques complexes destinées à habiller les turbines à gaz un peu partout dans le monde.

 

« Travailler pour des grands-comptes constitue une sécurité financière. Cela oblige également à intégrer des procédures nouvelles qui poussent à se remettre en question. Ces contrats impliquent cependant d’améliorer sans cesse notre compétitivité », confie Gino Luigi Pisani.

Pour encore élever ses performances, le tandem de dirigeants, qui s’appuie sur un bureau d’études de dix personnes, va injecter 1 million d’€ dans le remplacement d’une machine de découpe. Le nouvel équipement attendu d’ici fin 2018 sera positionné selon le nouveau plan de circulation des flux imaginé par eux-mêmes.

 

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Une réserve foncière de 3 hectares, en cours de déboisement en bordure du site devrait permettre d’engager la première phase de ce projet : l’aménagement d’un nouveau magasin de stockage de 3.000 m² avec une entrée automatisée.

 

L’entreprise a également rencontré les porteurs de la démarche “Usine du futur” de la Région Grand Est pour étudier l’acquisition de robots de soudure. « Les fabricants nous disent qu’avec leurs équipements, nous pourrions employer différemment notre équipe de nuit », réfléchit le président de Framatec.

 

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Gino Luigi Pisani, président de Framatec (à droite) et Anthony Pisani, directeur-général. © Philippe Bohlinger.

Qui sont Gino Luigi Pisani et Anthony Pisani ?

Gino Luigi Pisani s’est lancé dans l’aventure Framatec en 1985 en reprenant les actifs de la Société des constructions métallique de Dinozé (Vosges) en association avec le directeur de l’époque.

« Il y a une tradition de transformation métallurgique sur notre territoire », se félicite le président de l’entreprise.
A 62 ans, le dirigeant s’apprête à passer la main à son fils, Anthony, diplômé de la prestigieuse Ecole supérieure des travaux publics de Paris (ESTP). 

« Je m’imaginais plutôt intégrer les équipes d’un major français du BTP à ma sortie de l’école », livre le trentenaire. 

Une année supplémentaire à HEC en Master Entrepreneur lui a donné envie de voler de ses propres ailes.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : bâtiment, Grand Est, Vosges, construction métallique, Epinal, robot de découpe plasma, Framatec, Gino Luigi Pisani, Anthony Pisani

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