Avec la rénovation de son siège social à Metz et une agence passive dans les Vosges, la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne construit plus durable

Publié par Philippe Bohlinger, le 06 février 2018

ENVIRONNEMENT/LORRAINE. La Banque Populaire Alsace Lorraine, Champagne (BPALC) s’illustre avec deux projets immobiliers particulièrement ambitieux sur le plan du développement durable.

La rénovation de son siège, 25.000 m² en centre-ville de Metz qui devrait être bouclée en 2019, et une agence passive à La Bresse (Vosges), construite en ossature bois.

 

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Contraste architectural, entre les façades début du XXème siècle du siège, place de la gare de Metz... © BPALC.

 

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... et les façades toutes de verre vêtues du patio intérieur. Une réalisation de Gérard Hypolite Architectes (GHA) et Patrick-Paul Michel (PPM), architectes à Metz et Paris. © Traces Ecrites.

 

Les coffres seraient-ils plus à l’abri dans des murs bien isolés ? Quoi qu’il en soit, la Banque Populaire d’Alsace Lorraine, Champagne (BPALC) s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de construction durable. En témoignent deux projets récents conduits à deux échelles différentes : la rénovation aux standards de la Haute qualité environnementale (HQE) de son siège historique à Metz et la construction dans les Vosges, d’une agence “passive”, un bâtiment conçu pour consommer très peu de chauffage.


Non loin des pistes de ski, à La Bresse, la banque mutualiste (2.900 salariés, 270 agences) a fait appel à un spécialiste, le cabinet d’architecture HAHA à Saint-Nabord (Vosges) pour bâtir une agence et trois logements passifs, sur le site d’une ancienne station-service.

 

Dans un département où la filière bois affiche un solide dynamisme, la mise en œuvre de matériaux biosourcés (laine de bois, bardage bois, charpente bois) issus de production et d’entreprises locales, a pris tout son sens. Mention particulière aux menuiseries intérieures en bois de hêtre, une essence locale que les pouvoirs publics et les transformateurs cherchent à promouvoir.

 

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L'agence de La Bresse (Vosges), en ossature bois, devrait utiliser très peu de chauffage. © PBALC.

 

A La Bresse, la banque va réaliser des économies. Ses besoins en chauffage devraient être moitié moins importants qu’un bâtiment au standard de la réglementation thermique actuelle (RT 2012) et ce, malgré les contraintes des installations bancaires, notamment en matière d’électricité (éclairage, portes automatiques).

 

L’estimation d’une consommation de 14,5 kWh par mètre-carré et par an est obtenue, d’abord grâce à une importante épaisseur d’isolant (36 centièmes) sur des murs en ossature bois et un système de chauffage/ventilation efficace. Après une première saison de chauffe, le bâtiment ouvert au public depuis juillet 2017, espère obtenir la labellisation “Passivhaus”.

 

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 Les consommations du siège divisées par quatre

 

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Vue du patio du siège. © Traces Ecrites.

 

Au siège de la BPLAC, en face de la gare de Metz, la reconstruction de milliers de mètres-carrés sur eux-mêmes se conjugue également avec de hauts objectifs en matière de développement durable. Il s’agit ici de diviser par quatre les consommations énergétiques ! La première phase de ce projet pharaonique de 25.000 m2 et qui engrange 54 millions d’€ de travaux a été achevée en novembre 2016. La seconde, en cours, devrait être bouclée en 2019.

 

Tout a commencé par le choix de maintenir le siège en centre-ville, dans l’îlot où la banque s’est implantée en 1907 et sur lequel elle a développé au fil des ans un ensemble disparate de 12.000 m². « Nous avons étudier l’opportunité de construire un bâtiment de verre et d’acier en périphérie d’agglomération. Cette option aurait été plus rapide et moins coûteuse. Mais qu’est-ce qu’une banque citoyenne, sinon une entreprise qui s’inscrit au cœur de la cité ? » interroge Dominique Wein, son directeur-général.

 

L’acquisition de deux bâtiments supplémentaires sur cet îlot va aboutir à un ensemble moderne de 25.000 m² respectant les façades historiques et offrant toutes les fonctionnalités d’un siège social. Pour l’assister dans ses choix techniques, le maître d'ouvrage s'est fait accompagner d'un assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO), le cabinet Ajir Environnement au Val d’Ajol (Vosges).

 

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Selon Arnaud Gauthier, son co-gérant, les objectifs de performances énergétiques devraient être atteints grâce à l’isolation des façades par l’intérieur, la mise en œuvre d’une VMC double-flux couvrant 85% des besoins en chaleur et un raccordement au réseau de chauffage urbain pour assurer le restant.


Le réemploi participe également de cette attention au développement durable. Il a été largement utilisé dans le cadre du réaménagement d’un ancien hôtel qui jouxtait le siège social. « Nous avons collaboré avec des structures comme l’association Réciprocité, Emmaüs, l’AMIE 55 pour récupérer des sommiers, donner une seconde vie à des fenêtres récentes qui n’étaient pas assez performantes, etc. », poursuit le co-gérant d’Ajir Environnement.

 

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Entrée de la banque et coursive de distribution des différents niveaux de bureaux. © Traces Ecrites.

 

Pendant les travaux, les hôtels situés à proximité du chantier ont été équipés en capteurs sonores capables de donner l’alerte par SMS lorsque les seuils de nuisances acoustiques étaient en passe d’être atteints. Afin d'encourager les déplacements doux de ses salariés, la banque a prévu un local vélo, des douches et des casiers.

 

Enfin, l’établissement a investi 600.000 € dans l’aménagement d’une crèche partagée avec la Ville de Metz. Dotée de 25 berceaux, elle a été inaugurée il y a un an. A terme, le nouveau siège rassemblera cinq des six sites messins, représentant un total de 720 salariés. Il cible la certification NF HQE bâtiments tertiaires niveau “exceptionnel”.

 

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© Traces Ecrites.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Environnement

Mots-clés : rénovation, Grand Est, développement durable, Vosges, Moselle, Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, bâtiment passif, Passivhaus, La Bresse

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