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A Montbéliard, Cobalth utilise l'intelligence artificielle pour mieux doser la radiothérapie

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 23 mars 2017

START-UP/MONTBELIARD. Trois chercheurs du laboratoire de chrono-environnement de l'Université de Franche-Comté et du CNRS, installé à Montbéliard, ont créé Cobalth Medical Intelligence pour donner un marché au logiciel qu’ils ont développé pour les laboratoires de radiothérapie.

Il doit permettre de mieux doser le traitement de façon à préserver les cellules saines autour des cellules malades.

La société de reconversion industrielle Aire urbaine Investissement et Bpifrance donnent à la jeune entreprise les moyens de finaliser les démarches d'homologation du produit avant sa commercialisation.

 

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Pierre-Emmanuel Léni, l'un des trois chercheurs du laboratoire de chrono-environnement de Montbéliard qui ont franchit le pas de la création d'entreprise. © P.Y.Ratti

 

Pierre-Emmanuel Léni, Régine Gschwindt et Libor Makovicka se sont rencontrés à l'université, dans le cadre de leurs recherches au sein du laboratoire de chrono-environnement installé à Montbéliard (Doubs).

 

Le premier est enseignant chercheur, la deuxième a été maître des conférences et est maintenant professeur des universités, et le troisième vient juste de prendre sa retraite de professeur des universités.


Ce laboratoire mixte de l’Université de Franche-Comté et du CNRS compte environ 200 personnes. Il travaille sur la biologie, la géologie, la chimie, l'archéologie. Un axe de recherche est plus spécifiquement orienté sur la santé.


C'est dans ce cadre que Pierre-Emmanuel Leni a entrepris ses travaux de recherche sur les problèmes de calcul de dosimétrie : l'enjeu est de trouver un compromis entre la rapidité nécessaire lors de la mise en œuvre du traitement en laboratoire et la précision du calcul du dépôt des doses.

 

Pour parvenir à ce compromis, l'équipe a développé un nouveau type d’algorithme qui s'appuie sur l'intelligence artificielle et a donné naissance à un logiciel dédié baptisé Validoa.

 

Il permet, pendant la période dite « de planification » - le moment où est fait le calcul du dosage qui sera employé - d'affiner le ciblage du traitement de façon à préserver les cellules saines autour des cellules malades.

 

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L'intelligence artificielle intervient comme une sorte de super cerveau qui apprend ce qui se produit avec l'utilisation de différentes doses et utilise ensuite cette « expérience » pour calculer plus rapidement des paramètres de dosage.


Le dispositif s'avère particulièrement adapté en ORL, où le calcul peut être perturbé par les os, les dents, les cavités creuses, etc. Autre avantage : il permet de comparer les différents types de traitements possibles et de choisir lequel adopter de façon plus pertinente.


A ce jour, le logiciel n'est pas destiné à remplacer ceux qui sont fournis par les système de radiothérapie, mais de permettre un double calcul. Il est donc proposé comme un patch sur les systèmes de radiothérapie existants. Or, depuis les accidents de radiothérapie d’Épinal (*), le double calcul est devenu une obligation légale.


Au-delà de cette obligation, le logiciel doit permettre une meilleure prise de décision et une définition du traitement plus précise.

 

La création d'entreprise, un moyen de voir aboutir les recherches

 

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Un aperçu du logiciel Validoa. © Cobalth.

 

L'idée de créer une entreprise a fait suite à la sollicitation de plusieurs sociétés pour valoriser les recherches de l'équipe. « Nous travaillons dans un domaine très applicatif. Nous ressentions donc une frustration de ne pas voir aboutir nos projets et nous nous sommes dits que le meilleur moyen était de créer notre propre entreprise », explique Pierre-Emmanuel Leni.


Avant la création de Cobalth Medical Intelligence en avril 2016, le projet a été développé au sein de l'incubateur de Franche-Comté, à Besançon. Aujourd'hui, la société est installée à Numérica, à Montbéliard.


Aire urbaine Investissement, la société de reconversion industrielle issus de conventions de revitalisation d’Alstom, de General Electric et de PSA a apporté son soutien à la jeune entreprise, sous la forme d’une subvention et d’une avance remboursable pour un montant global de l'ordre de 10.000 €.

 

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Bpifrance a pour sa part accordé une subvention de 40.000 € et l’entreprise a bénéficié du crédit impôt recherche pour les jeunes entreprises innovantes. Sans compter l'Université qui a autorisé ses enseignants à lancer leur entreprise et leur a accordé des disponibilités.


Si Cobalth Medical Intelligence ne génère pas encore de chiffre d’affaires, les prévisions tablent sur 500.000 € d'ici trois ans, grâce à la commercialisation du logiciel entre 15 000 € et 25 000 €. Le marché visé est celui des quelque 200 laboratoires de radiothérapie en France, puis les laboratoires en Allemagne et en Suisse.

 

Pour l'heure, il s'agit d'achever la phase de validation du logiciel et d'obtenir le marquage CE, incontournable pour la mise sur le marché de dispositifs médicaux.

 

Le coût initial est de l'ordre de 15.000 €, puis une contribution annuelle. Cette étape consiste à sécuriser l'archivage des tests, recenser les bugs détectés avec les corrections apportées, valider la performance et le process d'installation chez le client, enfin mettre en place une procédure de retour d’information des clients, etc.

 

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Un exemple de calcul de dépôt de dose 3D réalisé avec l'algorithme de Cobalth.

Pour la suite, les projets ne manquent pas. L’équipe étudie la possibilité de simuler le mouvement respiratoire des patients, afin, là aussi, de mieux cibler le traitement du thorax, du foie, des poumons et de le personnaliser pour chaque patient.


Cobalth a déjà recruté un ingénieur en développement et envisage d'ici quelques mois celui d'un commercial.

 

(*) Des patients traités en radiothérapie au centre hospitalier Jean Monnet d'Epinal (Vosges) entre 1987 et 2007, avaient subi un surdosage à cause de dyfonctionnements des paramétrages des doses.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Innovation

Mots-clés : Montbéliard, Doubs, médical, CNRS, Université de Franche-Comté, Numérica, Bourgogne Franche-Comté, intelligence artificelle, Cobalth Medical Intelligence, laboratoire de chrono-environnement, radiothérapie, Pierre-Emmanuel Léni, Régine Gschwindt, Libor Makovicka

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