Ça cartonne pour Cartonnage du Château à la veille de son déménagement à Belfort

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 28 septembre 2016

EMBALLAGE/BELFORT. L’entreprise de transformation de cartons compacts va déménager en fin d'année dans les anciens locaux de l’imprimerie Realgraphic à Belfort.
Dix ans après avoir repris son indépendance, Cartonnage du Château, aujourd’hui implantée entre Montbéliard et Belfort, affiche une croissance régulière grâce à des investissements matériels continus et un parti pris pour l’innovation. Des embauches sont prévues à court et moyen terme.

 

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La boîte à double face développée pour répondre au besoin spécifique de Décathlon d'apposer un texte en 22 langues sur ses emballages. © Pierre-Yves Ratti.

 

D'ici janvier 2017, Cartonnage du Château aura quitté son site de Grandvillars (Territoire de Belfort), à mi-chemin entre Montbéliard et Belfort, pour les anciens locaux de l’imprimerie Realgraphic à Belfort, mise en liquidation au printemps dernier.

 

Marc Royer, dirigeant de la SARL, s'y prépare depuis plusieurs mois. Il profitera de la période creuse qui succède au rush des commandes de Noël pour arrêter la production pendant trois semaines (au lieu d'une dizaine de jours pour une année normale) et procéder au déménagement des machines et bureaux.

 

Coût de l'opération : entre 100.000 € et 150.000 €. L'arrêt, le démontage et le remontage de l'une des machines d'impression de 59 tonnes, assurés par le constructeur, coûte à lui seul 70.000 € (pour une valeur de la machine à l'achat de 1,2 million d’€).

 

« Nos locaux actuels sont vraiment trop étroits maintenant : j'ai dû différer deux embauches » explique Marc Royer. Question d'image aussi : isolés et vieillissants, les ateliers de Grandvillars dénotent avec le marché « premium » visé par l'entreprise.

 

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La société Cartonnage du Château a été créée en 1987 par la volonté d'industriels locaux qui devaient trouver, suite à la liquidation d'un cartonnier à Belfort, une solution pour les petites quantités d’emballages. L'entreprise fonctionne bien, mais ces industriels sont bien conscients que le cartonnage ne fait pas partie de leurs métiers d’origine et que le marché est devenu international.

 

En 1992, ils revendent la société au groupe Giepac, spécialisé dans le carton ondulé. Lui-même est absorbé six ans plus tard par le groupe espagnol SAICA. Cartonnage du Château, qui entre temps a déménagé de Delle, à la frontière suisse à Grandvillars, reste la seule usine de cartonnage du groupe espagnol.

 

Un emballage à double face

 

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Marc Royer, dans la salle de stockage des cartons.© Pierre-Yves Ratti.

 

En 2004, les responsables de SAICA proposent alors au responsable de site qu'ils ont recruté 18 mois auparavant de le reprendre à son compte. Marc Royer dit « banco » et crée une SARL qui rachète cet établissement secondaire du groupe espagnol.

 

Pour rajeunir le parc machines de 35 ans d’âge, Marc Royer mène une politique d'innovation et d’investissements très volontariste qui porte rapidement ses fruits : le chiffre d’affaires augmente en moyenne de 20 à 30% par an. Un premier cycle d'investissements dès 2004 augmente les capacités techniques et permet de capter de nouveaux clients.

 

Un second portant sur de nouvelles technologies achève la modernisation de l’outil. « Notre volonté est de proposer une solution originale et adaptée à la problématique de chaque client, en terme de volume et de calage du produit ».

 

Cartonnage du Château travaille avec les plus grands noms des métiers de bouche, avec des maisons de vins de champagne, mais aussi de grands groupes comme Nestlé, Danone, Décathlon, etc. Le cartonnier s’occupe de toute la chaîne de fabrication, de la conception à la production.

 

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Ses clients lui envoient un produit qui pose une problématique spécifique d'emballage ; le bureau d'étude de l'entreprise crée un prototype et ensuite seulement intervient l'agence de communication.

 

Décathlon, par exemple, l’a questionné sur la façon de faire figurer des textes en 22 langues sur certains de ses emballages. Pendant un temps, l'enseigne a répondu à cette contrainte en apposant une étiquette dépliable sur ses emballages. Une solution qui engendrait des surcoûts dus au collage de l’étiquette et des problèmes de recyclage liés à l'association de deux matériaux différents : le carton et le plastique.

 

Cartonnage du Château y a pallié avec une double face qui se déplie - comme on ouvre un livre - : la surface imprimable est ainsi multipliée par deux, sans qu’il soit besoin d’ajouter une étiquette et du collage.

 

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Résultat d'une découpe laser : de la dentelle. © Pierre-Yves Ratti.

 

L'entreprise est aussi référencée pour le collage des « étiquettes RFID » dotées d'une antenne. Ces supports d’identification électronique sont utilisés pour scanner des produits en vrac aux caisses de magasins sans chercher le code barre ou faire des inventaires par simple passage d'un détecteur dans les allées des stocks.

 

Lors du dernier exercice, Cartonnage du Château a réalisé un chiffre d’affaires de 3,7 millions d’€, avec 19 CDI (contre 800.000 € lors du rachat, avec 6 CDI). Deux personnes devraient être recrutées rapidement et l'effectif total pourrait atteindre 25 à 30 personnes d'ici deux ans.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Territoire de Belfort, Belfort, emballage, Décathlon, Grandvillars, cartonnage, Bourgogne Franche-Comté, Cartonnage du Château

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