«Plus des trois quarts des fromagers comtois sortent de l’ENIL»

Publié par Didier Hugue, le 16 mai 2012

FORMATION. Nous poursuivons notre tour d’horizon des grandes écoles de l’axe Rhin-Rhône avec aujourd’hui l’Ecole Nationale d’Industrie Laitière (ENIL).

En fait, il s'agit de deux écoles implantées à Poligny (Jura) et Mamirolle (Doubs). Ces établissements, créés au 19ième siècle sont les plus anciens du genre.

Ils font partie d’un réseau de six ENIL en France.

La culture laitière et fromagère franc-comtoise en fait les plus prisés pour la qualité de leurs enseignements, leurs équipements et leur potentiel de recherche.

Portrait d’écoles qui épousent leur terroir avec Serge Abadie, leur directeur.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Qui êtes-vous Serge Abadie ?

J’ai 55 ans et suis de formation ingénieur agro diplômé de Toulouse. J’ai ensuite bifurqué vers l’enseignement pour devenir professeur d’économie, toujours dans l’agroalimentaire. En 2002, je deviens directeur des ENIL Poligny et Marmirolle, ce que je ne regrette pas en raison du lien très fort qui existe entre les métiers et les formations spécialisées que nous dispensons. J’ai un certain faible pour les produits fabriqués, surtout en ce qui concerne les différentes techniques de production employées.

Les ENIL Franche-Comté tiennent-elles une place particulière parmi les établissements d’enseignements supérieurs de ce type ?

Nos écoles créées au 19ième siècle, sont les plus anciennes de France parmi un réseau qui compte six ENIL. Nous disposons de deux sites : Poligny dans le Jura et Mamirolle dans le Doubs. Outre un socle laitier commun, l’école de Mamirolle développe des formations plus tournées vers le traitement de l’eau et les analyses de laboratoire. L’école de Poligny, elle, s’intéresse aux enseignements proprement agroalimentaires. Les deux établissements accueillent 400 scolaires jusqu’au bac+2 et 220 apprentis. Nous bénéficions d’un budget hors salaires des fonctionnaires de 11 millions d’€ et employons au total 290 personnes.

Implanté dans la plus importante région fromagère où la qualité des AOP produites n’est pas usurpée, collez-vous à la réalité de votre terroir ?

Notre spectre de formations dédiées à l’agroalimentaire se veut très large, mais il est vrai que nous sommes connus et reconnus par les professionnels du secteur laitier et fromager. D’ailleurs sur les six licences pro que nous proposons, trois intéressent ces domaines, dont une spécifique aux fromages AOP (appellations d'origine protégée) comme le Comté qui est baptisée : «Responsable d’un atelier de production fromagère du terroir». Elle est mise en œuvre et diplômée par l’Université de Franche-Comté. Pas moins de 80% des fromagers locaux ont été formés par ce type de formation, et ce d’autant qu’ils n’ont aucun mal à trouver des stages durant leur cursus.

Sur quels atouts discriminants s’appuie l’ENIL pour séduire ?

Je veux déjà citer la qualité du corps professoral très impliqué dans la recherche. Rappelons que nous dépendons du ministère de l’Agriculture. Nous conduisons à bien, environ 60 contrats de R&D chaque année, dont un tiers en dehors du secteur laitier, ce qui rapporte 500 000 € de recettes. L’autre grande force de notre ENIL tient à ses équipements. Nos deux halles agroalimentaires financées par le conseil régional de Franche-Comté n’ont rien à envier à une université américaine richement dotée ni même à une unité industrielle comme une fromagerie. Pour rester à ce niveau, nous n’hésitons pas à réinvestir chaque année 200 000 à 300 000 € dans du nouveau matériel, soit en subventions de la région, de l’Etat ou de l’Europe, soit en autofinancement sur contrat.

Comptez-vous étoffer votre offre de formations ?

Oui, nous ouvrons à la rentrée une septième licence pro, axée sur la qualité en agroalimentaire. Nous réfléchissons également à un mastère après un bac+5, spécialisé dans l’encadrement des industries laitières délivré par un grand établissement, en particulier Agro-sup Dijon avec qui nous sommes partenaires.

Crédit photo: ENIL et Mirey Communication



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Formation, Franche-Comté, Jura, agroalimentaire, Poligny, ENIL, Serge Abadie, école, industrie laitière, industrie fromagère

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1 réponse(s) à "«Plus des trois quarts des fromagers comtois sortent de l’ENIL»"

  1. Ecole en agroalimentairedit :

    Pour tout savoir sur l'ENIL visitez notre site internet enil.fr et en particulier nos formations en agroalimentaire et nos formations sur le fromage

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