«Nous offrons la capacité de comprendre le monde industriel»

Publié par Didier Hugue, le 21 septembre 2011

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. L’Université de Technologie Belfort-Montbéliard (UTBM), fait partie des trois seules universités de technologie françaises, avec celles de Troyes et de Compiègne, dont elle est une émanation.

Créée en 1999 à Sevenans (Territoire de Belfort), elle dispose aujourd’hui de deux autres sites sur Belfort et Montbéliard (*). L’établissement s'appuie sur un budget consolidé de 40 millions d’€, dont 5,7 millions de chiffre d'affaires issu de sa recherche pour le compte d'entreprises, et accueille plus de 2600 étudiants, formés par 200 enseignants-chercheurs.

Portrait d’une école d’ingénieurs pas tout à fait comme les autres, en compagnie de Philippe Sulten son directeur des relations industrielles et portrait de Pascal Brochet, son nouveau directeur.

D’où viennent vos étudiants ?

Nous recrutons 17% d’entre eux en Franche-Comté. Les autres viennent principalement d’Alsace (12%), d’Île-de-France (12%), de Rhône-Alpes (8%) et de l’étranger (13%).

Pourquoi l’UTBM attire t-elle de plus en plus ?

Notre statut d’université de technologie avec ses formations très spécialisées (**) nous fait parfaitement coller aux besoins du tissu industriel. Il faut avoir présent à l’esprit que les entreprises recrutent de plus en plus des personnes immédiatement opérationnelles.

Tous nos cursus vont en ce sens. S’il rentre à un niveau bac, donc pour cinq ans chez nous, tout étudiant part déjà en stage au bout de 6 mois d’études. À partir de la troisième année et jusqu’au diplôme, il bénéficie de deux stages de 6 mois dans deux entreprises différentes.

C’est dire si nous offrons la capacité de comprendre la réalité du monde industriel. D’ailleurs les résultats sont là. 80% de nos diplômés ont déjà un emploi assuré avant de nous quitter. Pour tous les autres, le temps moyen de recherche d’un poste n’excède pas un mois et demi.

Je voudrais également préciser que si 70% de nos enseignements sont technologiques, le solde est consacré au management et à l’étude des langues étrangères. On enseigne ainsi chez nous une dizaine de langues dont le russe, le roumain, la chinois, le japonais et le coréen, avec la possibilité de faire des stages dans ces pays.

Souffrez-vous de votre implantation très excentrée et dans des villes de taille moyenne ?

Ce qui pouvait paraître un handicap est en réalité devenu un formidable atout. Nous sommes au coeur d’un des plus gros bassins industriels français avec des groupes comme Alstom, GE Energy, les sites PSA de Sochaux, Mulhouse et Vesoul et leur kyrielle de sous-traitants. L’UTBM n’est qu’à 20 km de la Suisse et de ses entreprises spécialisées dans les microtechniques et le médical et, à 40 km du Land allemand de Bade Württemberg.

Peu d’écoles d’ingénieurs peuvent rêver meilleur positionnement géographique. Dès le 11 décembre, la mise en service de la LGV Rhin-Rhône nous permettra sans doute d’attirer plus d’étudiants de Bourgogne et de Rhône-Alpes mais surtout, de faire venir pour la journée des conférenciers, experts et professeurs de Paris.

Allez-vous ouvrir de nouvelles formations ?

Nous allons créer l’an prochain un département informatique spécifique à notre filière de formation d’ingénieurs par l’apprentissage. Il viendra compléter ceux dédiés au génie électrique et à la logistique industrielle.

Pascal Brochet veut doper la recherche

Après deux années d’intérim, le poste de directeur de l’UTBM vient d’être confié à Pascal Brochet. À 57 ans, l’homme a déjà pas mal roulé sa bosse. Déjà dans l’industrie où ce docteur en mathématiques appliquées a passé sept ans chez Valeo. Puis, à partir de 1990, dans la recherche publique, tout spécialement à l’École Centrale de Lille où ces dix-huit derniers mois, il avait la direction de toute la recherche. «Un enseignement supérieur est jugé à travers sa R&D, il en va de son rayonnement international et de sa crédibilité vis-à-vis des entreprises», assure t-il.

Le plan stratégique qu’il a proposé passe aussi par la création d’un réseau des universités technologiques. Il entend  par ailleurs jouer un rôle majeur au sein du pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) de Bourgogne, Franche-Comté avec une réelle politique de sites. «Il nous faut mutualiser les recrutements, l’ingénierie, les relations internationales, ouvrir nos laboratoires à d’autres enseignants chercheurs et monter des formations en commun», explique Pascal Brochet. En résumé, jouer la carte du partenariat, conscient que plus que jamais l’union fait la force.

(*) Ce vendredi 23 septembre sera inauguré à Montbéliard le tout nouveau bâtiment de l’UTBM. D’une superficie de 6 000 m2, il a coûté 12,3 millions d’€, financé pour 9 millions par la communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard, maître d'ouvrage délégué, 2 millions par le conseil régional de Franche-Comté et 1,3 million par l’État.

(**) Ergonomie design et ingénierie mécanique (Montbéliard), génie mécanique et conception (Sevenans), énergie et environnement, informatique, ingénierie et management de process (Belfort).

Crédit photo: UTBM



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Montbéliard, Territoire de Belfort, Franche-Comté, Belfort, Doubs, enseignement supérieur, UTBM, Sevenans, école d'ingénieurs, Pascal Brochet, université technologique

Découvrez également les articles associés :

A son second Crunch Time, l’UTBM met à disposition de 50 entreprises, 1700 élèves-ingénieurs pour plancher sur 170 projets d’innovation A son second Crunch Time, l’UTBM met à disposition de 50 entreprises, 1700 élèves-ingénieurs pour plancher sur 170 projets d’innovation
Pourquoi la ville de Dijon attire les écoles de cuisine de renomPourquoi la ville de Dijon attire les écoles de cuisine de renom
A Montbéliard, le lycée Cuvier montre la voie pour rapprocher entreprises et Éducation nationaleA Montbéliard, le lycée Cuvier montre la voie pour rapprocher entreprises et Éducation nationale
Une école de production à Besançon où l’on usine avec plaisir et l’assurance d’un emploiUne école de production à Besançon où l’on usine avec plaisir et l’assurance d’un emploi

Commentez !


Combien font "8 plus 5" ?

Envoyer votre commentaire