Traces Ecrites News, le club
  • CLEIA
  • JTEKT
  • DVF
  • Gaston l'escargot

«L’ENSMM offre des compétences très prisées des industriels»

Publié par Didier Hugue, le 05 avril 2012

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. Parmi les écoles d’ingénieurs de l’axe Rhin-Rhône, nous ne pouvions pas oublier de présenter l’ENSMM (École Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques), implantée à Besançon, sur la technopole Temis.

Seul établissement d’enseignement supérieur national à former aux systèmes infiniment petits, il accueille près de 900 élèves ingénieurs et emploie 160 collaborateurs.

Rattachée par convention à l’Université de Franche-Comté, l’ENSMM dispose d’un budget d’environ 15 millions d’€.

Tour d’horizon avec son Bernard Cretin, son directeur.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Qui êtes-vous Bernard Cretin ?

Je suis professeur des universités, docteur ingénieur et je dirige l’ENSMM depuis 2009 avec un mandat (renouvelable) qui s’achève dans deux ans. J’ai 57 ans et je suis un franc-comtois pur souche.

L’histoire de l’école colle t-elle au tissu économique local ?

Il l’épouse parfaitement car son premier diplômé remonte à 1902. Il sortait à l’époque de l’Institut de Chronométrie, créé pour satisfaire la demande du monde horloger en spécialistes de la chronométrie et de la micromécanique. L’ENSMM doit son nom actuel à la fusion, en 1980, de l’Institut de Chimie de Besançon et de l’Ecole Nationale Supérieure de Chronométrie et de Micromécanique.

Pour les néophytes, pourriez-vous expliquer la différence entre la micromécanique et les microtechniques ?

En micromécanique, il s’agit de mettre en forme une pièce - par enlèvement de matière - qui est ensuite usinée à l’unité. Les microtechniques permettent de concevoir et de réaliser dans un environnement propre (salle blanche) des microsystèmes fonctionnels sur des surfaces. Ce qui peut paraître abscon s’éclaire tout de suite si je prends quelques exemples d’applications. Sur certains smartphones, l’orientation de l’affichage (vertical ou horizontal) des données est piloté par un microsystème. Dans un véhicule, le freinage ABS (antiblocage des roues) intègre des micro-capteurs. D’autres microdispositifs, toujours sur un véhicule, permettent de connaître la pression des pneus.

En quoi l’ENSMM se distingue t-elle des autres écoles d’ingénieurs ?

Notre établissement est le seul en France orienté vers les microtechniques, secteur de plus en plus porteur car il répond aux besoins de compétitivité et d’innovation industrielles. Mais pas seulement, car au-delà de cette formation initiale de 3 ans, accessible à bac + 2 après avoir réussi un concours national, nous développons deux filières par apprentissage (*) avec spécialisations : ingénieur dans les systèmes de production mécanique et microtechnique, et depuis deux ans, ingénieur (microtechnique et design) dans les domaines du luxe et de la précision. Ces deux formations sont ouvertes aux étudiants titulaires d'un diplôme de type bac + 2 : DUT, BTS ou Licence 2, après admission sur titres et entretiens. Un contrat d'apprentissage est requis. Nous proposons également un master avec les universités de Bourgogne et de Franche-Comté, ainsi qu’un diplôme national de Master.

Pourquoi insistez-vous souvent sur ce besoin d’alternance dans les formations ?

Parce qu’au savoir-faire, il convient d’adjoindre le savoir-être. Et il s’apprend dans l’entreprise lorsque l’on est confronté aux réalités du terrain. Cette professionnalisation de l’enseignement s’appuie sur des stages qui développent chez nos diplômés cette faculté d’adaptation très recherchée par les recruteurs. Nous y parvenons avec un succès certain. Un seul chiffre en témoigne : seulement 3,7% des ingénieurs ENSMM de moins de 30 ans recherchent un emploi. C’est dire !

On juge souvent une école d’ingénieurs sur sa capacité de recherche. Quand est-il pour l’ENSMM ?

Si je vous dis FEMTO-ST, je ne vous parle pas de cette unité de mesure un million de fois plus petite que le milliardième de l’unité, c’est-à-dire le nanomètre pour une longueur, mais du laboratoire de recherche Franche-Comté Electronique Mécanique, Thermique Optique. Placé sous notre tutelle et celle du CNRS, de l’Université de Franche-Comté et de l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), il comprend plus de 650 personnes. C’est le plus gros laboratoire et le plus productif dans les microtechnologies.

Comment voyez-vous évoluer votre école ?

J’impulse trois axes forts pour l’avenir : une plus grande professionnalisation encore, une ouverture plus marquée à l’international et la mutualisation des ressources. Ce dernier chantier, nous le conduisons dans le cadre du pôle de recherche et d'enseignement supérieur, dit PRES Bourgogne Franche-Comté et du Polytechnicum, qui fédère les écoles d’ingénieurs et de managers des deux régions, soit près de 9 000 étudiants.

(*) Grâce à un partenariat avec le CFAI et ITII en lien avec l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie (UIMM).

Crédit photo: Patrick Humbert/ENSMM



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Besançon, Franche-Comté, Doubs, microtechniques, enseignement supérieur, apprentissage, école d'ingénieurs, ENSMM, micromécanique

Découvrez également les articles associés :

Confrontés à la difficulté de recruter, les dirigeants de Viwamétal créent leur propre agence d’intérimConfrontés à la difficulté de recruter, les dirigeants de Viwamétal créent leur propre agence d’intérim
A l’école de la dégustation des 33 grands crus des vins de Bourgogne  A l’école de la dégustation des 33 grands crus des vins de Bourgogne
A Metz, Menway poursuit sa croissance externe avec les chasseurs de tête Mindfield Search et  NIM EuropeA Metz, Menway poursuit sa croissance externe avec les chasseurs de tête Mindfield Search et NIM Europe
L’Alsace se dote d’une grande école spécialisée dans les métiers du vinL’Alsace se dote d’une grande école spécialisée dans les métiers du vin

Commentez !


Combien font "9 plus 3" ?

Envoyer votre commentaire