Bürkert fait le saut technologique en Alsace

Publié par Christian Robischon, le 10 octobre 2012

ELECTRONIQUE. Le groupe familial allemand dote son site français de Triembach-au-Val (Bas-Rhin) d’un outil de recherche et développement de dernière génération dans les minicapteurs.

Inaugurée récemment, une nouvelle salle blanche pour 2,5 millions d’€ va contribuer au saut technologique,  pour continuer d'exister dans le traitement des eaux polluées et de l’eau potable.

Positionnez votre curseur sur les photos pour lire les légendes et cliquez dessus pour les agrandir.

Bürkert à Triembach-au-Val (Bas-Rhin),  c’est une histoire d’entreprise dont l’Alsace raffole.

Celui d’une grosse PME familiale allemande, représentante du fameux Mittelstand, qui a choisi la région frontalière après-guerre pour pénétrer le marché alors nouveau de la France.

Et qui n’a cessé de fortifier sa présence malgré la tentation des pays low cost de l’Est après la chute du Mur de Berlin, et les dernières crises.

Et ça, c’est plus rare en Alsace. Longtemps oubliée dans sa charmante  vallée au pied des Vosges, la société est aujourd’hui davantage couvée du regard par les politiques.

Le président du conseil régional Philippe Richert himself est venu inaugurer fin septembre sa nouvelle salle blanche, vierge de toutes poussières.

L’investissement de 2,5 millions d’€ peut paraître modeste, de même que les quatre créations directes d’emplois, mais chacun a bien conscience que l’effet levier dépasse ces chiffres.

D’une part, le nouvel équipement s’inscrit dans un développement récent qui a généré une trentaine d’embauches au total ces dernières années.

D’autre part, «il procure un saut technologique», commente Heribert Rohrbeck, le directeur général parfaitement francophone de Bürkert, devenu l’un des poids lourds mondiaux des systèmes de régulation de fluides (vannes, capteurs…) avec ses 2 200 salariés et ses 382 millions d’€ de chiffre d'affaires en 2011.

Le nouvel outil va considérablement améliorer les performances des capteurs utilisés pour mesurer et analyser différents paramètres physiques, chimiques, biologiques (débit, pH, pression, température, conductivité) de l’eau et des fluides en général, ce qui constitue la production de la filiale française.

«Les capteurs actuels ont atteint un plafond de performances et de taille», indique Christophe Brunner,  le directeur général France.

Du macro au microfluidique

En clair, pour continuer d'exister dans le traitement des eaux polluées et de l’eau potable, il  faut intégrer de nouveaux polluants à doser.

Mais aussi améliorer la capacité de communication des capteurs pour un suivi en temps réel de la qualité, et les miniaturiser jusqu’à quelques millimètres, c’est-à-dire passer du macro au microfluidique.

«Bürkert France conforte ainsi son statut de centre de compétences mondial pour les capteurs industriels au sein de notre groupe», souligne Heribert Rohrbeck.

Le site de Triembach-au-Val consacre à la recherche-développement  6 à 7 % de son chiffre d’affaires, situé à 20,2 millions d’€ l’an dernier.  Il travaille avec de nombreux laboratoires, comme le Femto franc-comtois, dont deux anciens ont été embauchés pour lancer la nouvelle salle blanche.

Triembach abrite l’un des 4 centres de R&D de sa maison-mère et il en constitue l’une des neuf usines de production. Il emploie 210 salariés dont 25 en R&D et 50 en force de vente.

Les industriels de l’agroalimentaire, de la pharmacie et bien sûr du traitement de l’eau  forment ses trois principaux débouchés. «Le site doit participer à notre programme de croissance qui nous fait viser le milliard de chiffre d'affaires pour le groupe en 2023», ajoute Heribert Rohrbeck.

Créé en 1968, le site alsacien s’est métamorphosé au fil du temps. D'une production assez basique de thermostats et régulateurs de cuves à mazout au départ, il est passé de la mécanique à l’électronique depuis une vingtaine d’années.

La part des ingénieurs et techniciens n’a cessé d’augmenter pour représenter la moitié des effectifs. «Ce qui est remarquable, c’est la montée des compétences de l’autre moitié, présente dans l’entreprise depuis longtemps, et  qui a su accompagner notre développement technologique», relève Patrick Reimeringer, directeur industriel.

Crédit photo : Bürkert



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Alsace, R&D, agroalimentaire, Bas-Rhin, pharmacie, Bürkert, capteur, traitement de l'eau

Découvrez également les articles associés :

A Nuits-Saint-Georges, la maison de vins Faiveley fait de sa nouvelle cuverie de 8 millions d'euros, une oeuvre architecturaleA Nuits-Saint-Georges, la maison de vins Faiveley fait de sa nouvelle cuverie de 8 millions d'euros, une oeuvre architecturale
La Haute-Marne démontre toute l'étendue de ses savoir-faire industriels à NogentLa Haute-Marne démontre toute l'étendue de ses savoir-faire industriels à Nogent
Dans les Vosges, le groupe de BTP Livio développe un vocabulaire avant-gardiste pour un octogénaireDans les Vosges, le groupe de BTP Livio développe un vocabulaire avant-gardiste pour un octogénaire
Les équipementiers de l’automobile de l’Est améliorent encore leurs performancesLes équipementiers de l’automobile de l’Est améliorent encore leurs performances

Commentez !


Combien font "1 plus 9" ?

Envoyer votre commentaire