BPI : pourquoi le premier conseil d’administration à Dijon ?

Publié par Didier Hugue, le 21 février 2013
Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances.
Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances.

FINANCEMENT DES ENTREPRISES. La Banque Publique d’Investissement (BPI) réunit aujourd’hui à Dijon (Côte-d’Or) son tout premier conseil d’administration à l’hôtel de région.

Ses membres visiteront ensuite la société Patiprestige (*), fabricant de pâtisseries fraîches implanté dans l’agglomération dijonnaise.

Pour marquer l’événement, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif font le déplacement dans la capitale bourguignonne.

Pourquoi un tel choix géographique et que va décider cette réunion ?

Éléments de réponse et présentation de la BPI.

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Guère oubliée ces derniers temps des visites ministérielles, la ville Dijon en ajoutera deux nouvelles ce jeudi 21 février avec la présence de Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, au premier conseil d’administration de la Banque Publique d’Investissement (BPI).

La réunion se tiendra en début d’après-midi dans les locaux du conseil régional de Bourgogne que préside le sénateur PS François Patriat.

Pourquoi un tel choix géographique pour la réunion initiale d’un organisme financier, voulu par le président de la République et destiné à mieux coller en régions aux besoins de financement des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des PME.

Rappelons déjà que Pierre Moscovici souhaitait symboliquement ce premier conseil d’administration hors de Paris. «Posez-vous ensuite la question de savoir où il aurait été moins judicieux de l’organiser», indique une source qui connaît bien l’accompagnement public des entreprises.

« À Bordeaux oui, mais Alain Rousset, président du conseil régional d’Aquitaine, est déjà l’un des deux représentants des régions au sein du Comité national d’orientation de la BPI ; à Poitiers, chez Ségolène Royal, mais là encore, la présidente de Poitou-Charentes, doit être désignée aujourd’hui même vice-présidente de la BPI avec le rôle de porte-parole », évoque notre interlocuteur. (Une information révélée par nos confrères du Nouvel Observateur).

On peut rajouter qu’en l’Île-de-France, cela n’aurait pas été aussi pertinent, car trop près de Paris, avec de surcroît un président de région (Jean-Paul Huchon), membre du conseil d’administration de la banque publique. Ne parlons même pas de la Franche-Comté, fief politique de Pierre Moscovi.

François Patriat, sénateur et président du conseil régional de Bourgogne (crédit photo : conseil régional de Bourgogne - Vincent Arbelet)..
François Patriat, sénateur et président du conseil régional de Bourgogne (crédit photo : conseil régional de Bourgogne - Vincent Arbelet).

Alors, pourquoi la Bourgogne ?

«Il fallait une région qui illustre les futurs engagements de la BPI, avec un tissu de PME-PMI très diversifié de sous-traitants, peu de grands groupes, un fort ancrage industriel, notamment en mécanique et métallurgie et une envie politique locale», pointe t-on à Bercy.

Cette envie, François Patriat nous la confirme. « Je veux rationaliser toutes les aides existantes, dont certaines se révèlent à mes yeux inefficaces, et mettre l’accent sur trois priorités : l’innovation, la mutation de PME en entreprise de taille intermédiaire et l’export » explique t-il.

Tous les outils et aides régionales aux entreprises (soit 40 millions d’€ annuels) seront mutualisés pour intervenir aux côtés de ceux de la BPI. « Il faut enfin que nos aides économiques soient plus utiles, plus lisibles, plus visibles et plus accessibles », déclare un rien lyrique François Patriat.

« J’avoue franchement que contrairement à d’autres régions où j’ai travaillé, tous les curseurs invitent ici en Bourgogne à collaborer », souligne un financier public.

À ce terreau fertile pour asseoir la BPI, des considérations politiques et personnelles entrent en ligne de compte. En opposition avec Alain Rousset, président de l’Association des Régions de France, et d’autres collègues à la tête de grandes régions, François Patriat a toujours milité pour une BPI nationale.

Au Sénat, il a rallié à cette thèse nombre de sénateurs. « En outre, et ce n’est un secret pour personne, c’est un véritable ami de Pierre Moscovici », fait remarquer un proche du ministre.

Dernière précision : la présence d’Arnaud Montebourg se justifie aussi en raison de l’effet de levier que peut jouer la BPI dans la politique du ministère du Redressement Productif.

Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des Dépôts et président de la BPI.
Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des Dépôts et président de la BPI.

BPI mode d’emploi

Opérationnelle depuis le début de l’année, la Banque Publique d’Investissement est une compagnie financière détenue à 50% par l’État et 50% par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la CDC, préside d’ailleurs la BPI et Nicolas Dufourcq en assure la direction générale.

Son conseil d’administration comprend quinze membres, dont deux places réservées aux régions : Ségolène Royal et Jean-Paul Huchon. À cette gouvernance s’ajoute un comité national d’orientation et dans chaque région, un comité régional d’orientation.

La BPI aura comme filiales trois organismes : Oséo qui accorde des garanties, finance l’innovation et octroie des prêts ainsi que le Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) et la CDC Entreprises, spécialisés dans les interventions en fonds propres.

Sa capacité d’intervention dépasse les 40 milliards d’€, dont 10 milliards pour abonder les fonds propres des entreprises.

Parmi les missions nouvelles, elle pourra garantir en cas de difficultés conjoncturelles les concours bancaires à moyen terme (2 à 7 ans) pour alimenter la trésorerie. Elle accordera des prêts spécifiques à l’innovation très amont, lancera le préfinancement du crédit impôt, compétitivité, emploi. La BPI garantira également le préfinancement du crédit impôt recherche.

Fabrication de religieuses chez Patiprestige à Dijon.
Fabrication de religieuses chez Patiprestige à Dijon.
Une visite à Patiprestige (mise à jour 21 février à 19h) (*) Hélas annulée, parce que Ségolène Royal a raté son train et provoqué un retard des débats du conseil d'administration.

Le conseil d’administration de la BPI visitera à partir de 17h30 la société Patiprestige, fabricant de pâtisseries fraîches. Elle illustre parfaitement les appuis publics possibles à une PME.

Après la création en 1997 de sa première unité en Savoie, à Sainte-Hélène-du-Lac, près de Chambéry, Jean-Michel Combaz réalise sur Dijon, à l’été 2005, une croissance organique. Ce développement lui vaut d’obtenir d’Oséo une garantie bancaire.

Plus récemment, il obtient un crédit participatif d’Oséo de 800 000 € et le FSI détient 7% de son holding, Jean-Michel Combaz Participations.

« Ces organismes nous permettent de débloquer des situations difficiles, notamment comme l’an dernier, où mes marges se sont réduites et où il a fallu malgré tout investir 1,7 million dans du nouveau matériel », souligne le dirigeant.

Patiprestige réalise sur Dijon 12 millions d’€ de chiffre d’affaires et emploie jusqu’à 120 personnes. Elle caresse comme projet de créer un centre de R&D et un magasin d’usine.

Crédits photos autres qu’indiqués : Wikipédia et Traces Écrites



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, François Patriat, conseil régional de Bourgogne, Arnaud Montebourg, Patiprestige, banque publique d'investissement, BPI, Pierre Moscovici, Ségolène Royal, financement des entreprises, garantie, prêt, apports en fonds propres

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2 réponse(s) à "BPI : pourquoi le premier conseil d’administration à Dijon ?"

  1. Paul-Even du Foudit :

    Cette nouvelle entité permet de créer des emplois, pour des personnes qui n'en ont pas besoins et dont les compétences.... Augmenter le millefeuilles continue de faire illusion, et l'on continue de laisser la France s'enfoncer dans la crise!!!!

  2. LAURENTdit :

    C'est beau sur le papier mais à voir dans les faits. Et que fait-on pour les TPE ...

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