Bourgogne Pellets creuse de nouveaux sillons avec le miscanthus

Publié par Christiane Perruchot, le 17 avril 2014
Récolte du miscanthus en ce mois d'avril destinée à fabriquer du paillis.
Récolte du miscanthus en ce mois d'avril destinée à fabriquer du paillis.
Photo : Bourgogne Pellets.

AGRO-INDUSTRIE. Reconversion de l'usine de déshydratation des betteraves à sucre d'Aiserey (Côte-d'Or), Bourgogne Pellets abandonne la filière énergétique pour des produits transformés, à plus grande valeur ajoutée.

La filiale de Dijon Céréales trouve de nouveaux débouchés dans le paillage horticole et... plus inattendu, la litière pour chats.

Sa matière première est le miscanthus, une plante qui trouve sa place dans tous les terrains.

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Lorsque les betteraviers du Val de Saône durent abandonner leur culture historique, suite aux décisions européennes d'abaisser les quotas de production de sucre, en 2008, la société d'intérêt collectif agricole (Sica) Secopulpe de Bourgogne - rebaptisée Bourgogne Pellets - se reconvertit dans le miscanthus, une plante herbacée originaire d'Afrique et d'Asie du Sud, encore méconnue en France.

Cinq ans plus tard, la filiale de Dijon Céréales cultive 400 ha de cette graminée hybride et stérile sous contrat avec des agriculteurs de Bourgogne et de Franche-Comté.

La plante peut être cultivée « sans baisse de production, sans engrais et sans produit phytosanitaire pendant quinze ans et de surcroît, ses rhizomes ne sont pas invasifs », explique Yves Grosjean, directeur de Bourgogne Pellets.

Récolté en mars, le miscanthus a un rendement important, de 12 à 20 tonnes de matière sèche par hectare selon le type de sol, « soit l'équivalent de 7000 litres de fioul l'hectare ».

L'ancien outil de production de sucre de betterave a été reconverti. Photo : Traces Ecrites.
L'ancien outil de production de sucre de betterave a été reconverti.
Photo : Traces Ecrites.

La marge nette annoncée, tous frais déduits, est de 350 € par hectare pour un rendement moyen de 16 tonnes de matière sèche, en sol profond.

Racheté par le groupe coopératif Dijon Céréales, l'ancienne usine de déshydratation réactive donc ses chaudières pour produire des granulés de chauffage.

Cependant, avec l'expérience, l'idée se heurte à une inadaptation de la plupart des chaudières, qui s'encrassent davantage qu'avec des granulés bois traditionnels.

En outre, convient aujourd'hui directeur de Bourgogne Pellets, « l'énergie biomasse n'est pas assez rentable ».

Jardiniers et animaux de compagnie

Fort de ce constat, le pouvoir absorbant de la matière inspire alors de nouveaux débouchés.

Déjà utilisé comme paillage horticole, une fois les tiges de la plantes broyées et séchées, le miscanthus trouve toute sa pertinence sous la forme de granulés pour protéger les plantations des mauvaises herbes.

« En prenant trois fois leur volume à l'humidité, les granulés forment un excellent couvre sol qui limite les désherbages et apportent de la matière organique lorsqu'ils se dégradent », explique Philippe Béjot, directeur commercial.

Une balle de 25 kg permet de pailler 6 m2. Photo : Bourgogne Pellets.
Une balle de 25 kg permet de pailler 6 m2.
Photo : Bourgogne Pellets.

Une récente visite de paysagistes à l'initiative du conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (Caue) de la Côte-d'Or fait office de démonstration : au bout d'une année, les herbes invasives des parcelles test sont relativement propres.

« L'idée de faire des granulés est également liée au transport et à la manutention qui sont des postes lourds dans notre métier », explique Philippe Desplantes, directeur commercial de Natura'Lis, société de commercialisation de plusieurs coopératives agricoles, parmi lesquelles Dijon Céréales.

Les granulés conditionnés en sacs sont nettement moins encombrants et plus manipulables que des bottes de paillis.

Plus inattendue, la nouvelle diversification repose sur le pouvoir absorbant du granulé de miscanthus pour fabriquer une litière pour chat.

Conçue en collaboration le laboratoire Demavic à Longvic (Côte-d'Or), spécialisé dans les produits de soins et d'hygiène pour animaux, elle pourrait surfer sur le secteur très rentable des animaux de compagnie.

D'autres pistes sont à l'étude, notamment comme matériau isolant pour le bâtiment, à l'image du chanvre.

En juillet, Bourgogne Pellets (2 millions d'€ de chiffre d'affaires, 7 salariés et 6000 tonnes produites en 2013) intègrera une nouvelle société chapeautée par Dijon Céréales, baptisée Bourgogne Énergie.

Des granulés de miscanthus. Photo : Traces Ecrites
Des granulés de miscanthus.
Photo : Traces Ecrites

Elle fédèrera toutes les activités énergie du groupe : granulés bois à Ivry-en-Montagne suite à la fusion avec la coopérative de déshydratation locale, granulés de miscanthus à Aiserey et l’activité carburant de Dijon Céréales.

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Crédit photos : Bourgogne Pellets et Traces Ecrites.

 

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, Bourgogne, Dijon Céréales, Demavic, Natura'Lis, miscanthus, Bourgogne Pellets

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