Traces Ecrites News, le club
  • Diamatec
  • Gaston l'escargot
  • EDC
  • Batifranc

Belfort : Belplast tourne la page de la crise

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 15 janvier 2014
Opération de finition sur du mobilier de signalisation routière.
Opération de finition sur du mobilier de signalisation routière.

RELANCE.  La crise de 2008 a failli coûter cher à Belplast, à Belfort.

Six ans après, la page est tournée : l'entreprise de plasturgie envisage de nouveaux investissements, des embauches et une forte progression de son chiffre d'affaires.

Plus de 40% sont générés par l'exportation et les perspectives sur le marché africain lui ouvrent de nouveaux horizons.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Lorsqu'il jette son dévolu sur Belfort en 2000 pour créer son entreprise, l'Alsacien Philippe Hueber cherchait avant tout un réservoir de main d’œuvre favorable.

« Il faut se remettre dans le contexte d'alors », souligne le P-DG. « J'avais quitté quelques années auparavant une entreprise de rotomoulage à Huningue, dans le Haut-Rhin. Avec la concurrence du marché du travail suisse, pour trouver du personnel qualifié, il fallait aller jusque dans les Vosges ».  S'ajoute à cela le fait qu'il ne parvient pas à trouver de locaux dans le sud Alsace.

Il installe donc son entreprise de plasturgie au Technopôle de Belfort, où il trouve locaux et main d’œuvre.

L'entreprise  compte aujourd'hui 16 salariés et transforme environ 450 tonnes de plastique par an selon la technique du rotomoulage (*). Elle a réalisé en 2013 un chiffre d'affaire de l'ordre de 2,3 millions d'€.

Pourtant la crise de 2008 l'a fortement secouée : « L'entreprise a subi un effet ciseau », explique Jean-Claude Monnier, directeur administratif et financier.

D'une part un gros investissement, avec un déménagement lié à l'achat d'une machine de moulage supplémentaire, d'autre part la perte d'un gros client qui représentait pas moins de 30% de son chiffre d'affaires.

Restaurer les marges

Les  dirigeants retroussent leurs manches et prennent  des mesures de redressement : réduction des frais fixes, plan social, analyse des prix de revient : « On a fait le constat qu'un de nos produits nous bouffait nos marges. On a donc pris une décision pas facile quand on vient de perdre un gros client : se séparer d'un autre. » Une décision cependant salutaire : elle a permis de restaurer les marges.

Pour palier les risques liés au déménagement et aux pertes de compétences, Belplast s'est appuyé sur la norme ISO 9001 dont il disposait : « Cela nous a donné un formalisme pour nos procédures », explique Philippe Hueber.

Un atout pour faire face au « fouillis » d'un déménagement et à l'intégration de nouveaux venus dans l'entreprise, par exemple les intérimaires.

Aujourd'hui, la tempête est passée et Philippe Hueber envisage l'avenir de façon plus sereine. Et même avec optimisme. « On prévoit une hausse du chiffre d'affaires supérieur à 20% en 2014 et quatre embauches», avance-t-il.

billes
Le polystyrène dans ses deux états : les billes à leur état initial, puis dilatées, une fois soumises à la chaleur.

Des flotteurs remplis de polystyrène

L'entreprise organise son activité autour de quatre pôles produits: les réservoirs pour les campings-cars, l'assainissement, la signalisation et les flotteurs.

C'est dans ce secteur qu'une innovation en 2012 a permis à l'entreprise de sortir la tête de l'eau et de conquérir de nouveaux marchés. Jusqu'alors creux, les flotteurs, s'ils étaient percés, coulaient.

Alors, Belplast les remplit de polystyrène. L'innovation provient du fait que l'ajout du polystyrène est intégré dans la production à Belfort.

Chauffé une première fois sur place, le polystyrène en billes se dilate grâce aux propriétés du pentane qu'il contient. Il est alors introduit dans les flotteurs et chauffé une nouvelle fois pour se dilater à nouveau et remplir complètement le volume intérieur du flotteur : même percé, il ne coule plus.

Les flotteurs de Belplast équipent ainsi des ports de plaisance aux quatre coins du monde ; ils trouvent aussi de nouveaux usages, comme la construction de ponts  flottants car ils résistent à une charge de 1,5 tonne chacun.

Belplast entend poursuivre sur cette lancée et se développer en renforçant ses positions à l'exportation.

« Nous allons aborder le marché africain à la fois avec la sous-traitance et avec des produits propres, » explique Philippe Hueber, sans toutefois dévoiler plus loin sa stratégie.

Un flotteur en plein démoulage.
Un flotteur en plein démoulage.

Il glisse toutefois que ce développement à l'export « rend possible de nouveaux investissements  productifs, à hauteur de 400 000 €. »

2008 n'est plus aujourd'hui qu'un mauvais souvenir. Photos : Pierre-Yves Ratti.

(*) Le rotomoulage est une technique de fabrication du plastique à partir d'un moule, afin de réaliser des pièces creuses. Une fois chargé de poudre de polymère, le moule est chauffé pour amalgamer la matière.

 

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Territoire de Belfort, Belfort, exportation, plasturgie, rotomoulage, Belplast

Découvrez également les articles associés :

Le fabricant de forets Diager investit plus de 8 millions dans le Jura et embauche Le fabricant de forets Diager investit plus de 8 millions dans le Jura et embauche
Ils innovent : Alsafix remplace le ciment par une mousse en polyuréthane et Redberry traque les bactéries à grande vitesseIls innovent : Alsafix remplace le ciment par une mousse en polyuréthane et Redberry traque les bactéries à grande vitesse
A Nancy, la nouvelle génération désormais aux commandes d’Ateliers Cini profite d’une situation assainieA Nancy, la nouvelle génération désormais aux commandes d’Ateliers Cini profite d’une situation assainie
A 170 ans, Cheval Frères reste l’atout maître du groupe microtechnique IMI A 170 ans, Cheval Frères reste l’atout maître du groupe microtechnique IMI

Commentez !


Combien font "4 plus 1" ?

Envoyer votre commentaire