Beaune Laboratoire injecte du numérique dans ses prothèses dentaires

Publié par Monique Clémens, le 04 novembre 2015

MÉDICAL/FRANCHE-COMTÉ. Confronté à une concurrence multiforme, le laboratoire bisontin également implanté à Dijon, se positionne comme un spécialiste du numérique.

L’avenir du métier, selon le dirigeant de Beaune Laboratoire, réside dans l’innovation : modélisation 3D, fabrication numérique ou usinage du zircone, matériau du futur.

 

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Entre artisanat et industrie, l’entreprise emploie 48 salariés à Besançon et à Dijon.

 

« En prothèse dentaire il n’y a pas de série, chaque bouche est unique », explique Thierry Beaune, le dirigeant fondateur de Beaune Laboratoire qui vient de prendre possession de ses nouveaux locaux, à Miserey-Salines, dans le Grand Besançon.

 

Des nouveaux locaux conçus pour faciliter la communication entre les équipes - le laboratoire emploie ici 35 personnes - et favoriser la marche en avant du produit avec, d’abord, la zone déballage et enregistrement, puis la zone platrière, prothèse amovible, céramique, prototypage... L’investissement total s’est monté à 1,3 million d’€.

 

Pour fabriquer ces pièces uniques avec la plus grande précision possible, la société mise depuis quelques années déjà sur les technologies numériques qui, assure le dirigeant, ne vont pas totalement remplacer la main de l’homme et les savoir-faire artisanaux.

 

« Nous aurons toujours besoin des techniciens en aval et en amont », affirme Thierry Beaune. En 2005, le laboratoire s’était offert son premier scan 3D puis, en 2012, avait adopté le système Phénix, une imprimante 3D à fusion laser qui superpose des couches d’un alliage chrome-cobalt.

 

A l’époque, il s’agissait de ne pas se laisser distancer par les prix chinois. Aujourd’hui, ces nouvelles technologies permettent à Beaune de continuer à exister dans un contexte de concurrence accrue et multiforme.

 

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« Notre stratégie est clairement dans l’innovation, pour nous positionner en tant que professionnels du numérique. Nos concurrents veulent vendre des petites machines à usiner aux praticiens, qu’ils installeraient dans leur cabinet. Pour lutter contre ça, il nous faut une réelle capacité à nous insinuer dans le flux numérique. »

 

S’insérer dans le flux numérique, chez Beaune Laboratoire, consiste à inciter les cabinets dentaires à s’équiper plutôt de caméras 3D intrabucales afin de prendre les mesures exactes de la bouche du patient et de la dent à remplacer. « Chacun ses compétences : les empreintes numériques sont réalisées dans le cabinet dentaire et nous sommes en capacité de leur répondre, avec les technologies dont nous nous sommes équipés. »

 

La laboratoire a mis en place un portail Internet qui réceptionne les fichiers envoyés par les praticiens, puis numérise, conçoit et réalise la dent selon la prescription.

 

Deux technologies coexistent, micro-usinage ou impression 3D : en chrome-cobalt et acier avec l’impression 3D par frittage (machine Phénix), en résine avec l’impression 3D « traditionnelle » ou en zircone avec le micro-usinage.

 

Le zircone, pour Thierry Beaune, étant le matériau d’avenir : minéral et biocompatible, il se passe de toute armature métallique. « On n’a plus de métal en bouche. »

 

La machine se met au travail chaque soir

 

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Les nouveaux locaux de Miserey-Salines, dans Le Grand Besançon : un plateau de 900 m2 de plain-pied.

 

Dans les nouveaux locaux du Grand Besançon, une zone a donc été réservée aux scanners et technologies numériques. A partir des images 3D, des bibliothèques permettent de modéliser la prothèse dentaire avant fabrication.

 

La machine Phénix, qui se met au travail chaque soir pour des cycles de 10 heures, livre chaque matin une prothèse précise au micron près, que les techniciens vont désolidariser de leur support pour assurer les finitions, à la main. De nouvelles machines ont été également installées pour développer l’implantologie afin de concurrencer, cette fois, les industriels proposant des piliers de prothèse standards.

 

Beaune est le 5e laboratoire de prothèse dentaire de France par la taille. Depuis sa création, en 1986 (voir ci-dessous), il a grandi par croissance organique et externe, avec le rachat du laboratoire Navenne à Vesoul (Haute-Saône), en 2005, puis l’acquisition de celui de Talant, dans Le Grand Dijon, en 2010, qui emploie aujourd’hui 13 salariés, essentiellement des techniciens.

 

 

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Deux personnes s’occupent désormais exclusivement de communication et de marketing auprès des cabinets dentaires, des laboratoires de France, de Suisse et même au-delà. Alors que les laboratoires concurrents sortent rarement du marché local, Beaune ne s’interdit pas en effet de s’adresser au marché national, voire international.

 

Avec ses premiers contrats signés en Suisse et en Afrique, l’export représente déjà 4% d’un chiffre d’affaires de 3,4 millions d’€, et la clientèle locale ne pèse plus que 60% de l’activité. « Nous sommes à la lisière de l’artisanat et de l’industrie », estime le dirigeant.

 

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Thierry Beaune, le dirigeant du laboratoire qui porte son nom.

Du garage d’Ornans aux locaux de Miserey-Salines

 

Son diplôme de prothésiste dentaire en poche,Thierry Beaune crée son entreprise dans son garage, à Ornans, en 1986. Deux ans plus tard, il installe l’activité rue Just Becquet à Besançon.

La petite entreprise déménage en 2003 rue Madeleine Brès, toujours à Besançon, dans un bâtiment qu’elle agrandira en 2007.

C’est au début de l’été 2015 que le laboratoire s'installe à Miserey-Salines, tout près de TNT, le transporteur B to B à qui il confie la livraison de ses colis.

Les locaux ont été imaginés pour coller parfaitement à l’activité. Sur un plateau de 900 m2 de plain-pied (contre 450 m2 sur deux niveaux auparavant), la circulation est pensée pour optimiser les flux de production, de la réception des moulages aux expéditions, en passant par la « zone platrière », la zone scanner et numérique, et le local abritant l’imprimante 3D à fusion laser.

 

 

Photos fournies par Beaune Laboratoire.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, Franche-Comté, Bourgogne, Doubs, Santé, Grand Besançon, dispositifs médicaux, prothèses, impression 3 D, Beaune Laboratoire, Thierry Beaune

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