Avec son jeu littéraire par courrier postal, Epopia fait rêver par les lettres

Publié par Mathieu Noyer, le 20 décembre 2017

EDITION/STRASBOURG. Le succès d’Epopia tord le cou aux idées reçues qui veulent que les enfants n’aiment plus la lecture et l’écriture.
Derrière les histoires que la start-up invite à construire, un logiciel d’intelligence rédactionnelle né des compétences d’un ancien informaticien.
De bonnes fées se sont penchées sur le berceau de la petite entreprise qui compte déjà 16 salariés, l’Education Nationale et des financeurs institutionnels.

 

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Epopia écrit par courrier des histoires de sorte que le destinataire en devienne le héros. Celui-ci répond à la missive en inventant la suite. © Créalettres.

 

Non, les enfants ne rêvent pas que de jeux vidéos ! L'écrit et le dessin les fascinent toujours. C'est tant mieux pour Epopia, qui en a fait son activité. La petite entreprise de Strasbourg (Bas-Rhin) s'est constituée en 2012 autour de l'idée de construire des histoires à envoyer par le bon vieux courrier postal, dont le scénario s'enrichirait au fur et à mesure des réponses des enfants.


Farfelu ? Utopique ? Cinq ans après, « nous en sommes à 26.000 abonnés dans 65 pays et nous devrions dépasser les 30.000 après Noël », annonce Rémy Perla, le dirigeant et fondateur.


Epopia compte 16 salariés, aura réalisé un chiffre d'affaires de 800 000 € en 2017 et peut arborer parmi ses soutiens financiers des institutions qui n'ont pas l'habitude de se lancer à la légère : Bpifrance, la société régionale Sodiv, le Conseil régional Grand Est, la Caisse d'épargne. Au total, ils ont apporté 700 000 € depuis les débuts. La société, une SAS, collectionne les trophées de la création d'entreprise et de l'originalité, dont deux médailles d'or du concours Lépine.


Ecole des vins

 

Epopia se rémunère par les abonnements, essentiellement à des enfants en direct, « mais des enseignants sont aussi venus à nous spontanément, si bien que nous travaillons avec plus de 300 écoles, en France et à l'étranger auprès d'établissements francophones », souligne Rémy Perla.

 

Le concept s'exprime peut-être mieux encore dans son nom d'origine : Rêve aux Lettres. « Celui-ci a finalement été abandonné pour adopter une identité plus simple, qui puisse “parler” dans l'optique, toujours envisagée, d'une déclinaison dans d'autres langues », justifie Rémy Perla.

 

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L'une des 3 aventures.

Une équipe d'écrivains, illustrateurs et graphistes et orthophonistes, interne et externe, créé l'ébauche d'un scénario à l'attention d'enfants de 5 à 10 ans, en fonction de trois niveaux de maîtrise de la lecture.

 

L'histoire est bâtie de telle sorte à faire de l'enfant son héros. Celui-ci est invité à répondre à la missive en inventant la suite, en posant des questions, en exprimant ses réactions. Les rédacteurs d'Epopia s'adaptent en conséquence, et l'aller-retour s'enclenche, pour 3, 6 ou 12 courriers, soit les différentes formules d'abonnement.

 

Le temps de peaufiner son concept, la TPE n'a sorti sa première aventure en septembre 2014. L'enfant s'y fait roi ou reine d'un royaume lointain. La seconde a suivi douze mois plus tard, le héros étant directeur/directrice d'une réserve animalière. Puis Rémy Perla et son équipe ont marqué une pause.

 

Un logiciel d’intelligence rédactionnelle

 

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L'équipe d'écrivains, illustrateurs et graphistes et orthophonistes d'Epopia, autour de Rémy Perla, le fondateur.© Créalettres

 
« Les compteurs ont brusquement explosé, nous sommes passés de 1.000 à 6.000 abonnés en trois mois fin 2016 puis à près de 20.000 abonnés fin 2016. Nous avons souhaité retravailler les histoires, avec le sentiment qu'on pouvait les rendre plus trépidantes, les personnaliser davantage et améliorer leur graphisme », relate le dirigeant.


Aux versions revisitées des deux premiers thèmes, un troisième s'est ajouté l'automne dernier : autour des dinosaures. Ecrite par un paléontologue, l'histoire transporte dans l'ère préhistorique du crétacé (la première lettre est datée de l'an – 65 007 983 ! ) à quelques mois de la chute de la météorite qui a été fatale aux dinosaures.

 

Muni de sa carte, accompagné de la dent de dinosaure qu'il a reçu, l'enfant fait explorer ce monde aux personnages, mais la machine à voyager dans le temps se met en panne. Il faut la réparer, sans sa notice et avant la chute des météorites, et c'est l'enfant qui va détenir les clés pour prendre les bonnes décisions. L'histoire se déroule ensuite, au fur et à mesure des envois de l'enfant au « dino-courrier ».


Bannière Traces Ecrites Lancement Site LCR_ ac fond

 

La croissance de l'activité pose un défi : comment répondre aux montagnes de lettres toujours plus hautes, sans perdre l'âme du projet ? Epopia pense avoir trouvé le compromis par la mise au point d'un logiciel d’intelligence rédactionnelle : il fournit des bouts de scénario plus standardisés mais préserve la touche personnelle.


Un nouveau synopsis se prépare déjà. Il s'articulera autour de l'exploration des planètes. Il n'y a plus que quelques mois à patienter.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Alsace, Grand Est, édition, Strasbourg, informatique, logiciels, Epopia, Rémy Perla

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