Traces Ecrites News, le club
  • Les Canalous
  • CLEIA
  • Acadir
  • Domaine Faiveley

Avec Benedict Oaten, les Ateliers de Joigny accrochent le bon wagon en tête de train

Publié par Didier Hugue, le 26 juin 2017

FERROVIAIRE/YONNE. Cette fin juillet, Jacques Jolly laissera son poste de directeur général des Ateliers de Joigny à Benedict Oaten, son adjoint, après 40 ans de bons et loyaux services en matière de maintenance, réparation, modification et construction de wagons ferroviaires.

Le chef d’entreprise quitte une société, filiale du groupe allemand VTG, en parfaite santé et très inventive dans ses conceptions de wagons de travaux ou pour charges très lourdes.

Triple portrait : de l’entreprise et de ses dirigeants.

 

essieux
Vérification d'essieux ferroviaires. © Ateliers de Joigny.

 

Ici, on déboîte, dépose, étudie, grenaille, contrôle, reprofile, repeint et remonte. Tout à côté, on identifie, manœuvre, transborde, expertise, dégaze, décontamine, désosse, répare, remonte et repeint.

 

Bienvenue sur les 18 hectares des Ateliers de Joigny, du nom de la cité du département de l’Yonne, qui les accueille. La première série de verbes concerne les tâches à effectuer dans l’ordre sur un essieu ferroviaire. La seconde se rapporte au travail sur les wagons.

 

V2-635x106pxl

 

L’accueil du management est chaleureux, aux antipodes de ce que l’on a pu vivre à l’hiver 2015 au technicentre industriel de Varennes-Vauzelles, dans la Nièvre, communément appelé Les ateliers SNCF qui s’occupent eux de trains de voyageurs.

 

L’entreprise icaunaise, filiale du groupe allemand VTG, traite uniquement les wagons de fret. On en trouve de toutes sortes : des wagons plats, des wagons trémies, des wagons tombereaux, des wagons porte-automobiles, des wagons-citernes, des wagons-réservoirs ou encore des wagons pour pulvérulents. Pas moins de 600 patientent sur un réseau ferré interne.

 

transbordeur
Wagon poussé par une petite locomtive sur l'un des deux transbordeurs du site. © Traces Ecrites.

 

« Nous en maintenons, réparons, modifions et réalisons un total de 1.500 unités par an », explique Jacques Jolly, le directeur général. Quant à la partie roulante, à savoir les essieux, pas moins de 4.500 passent entre les mains expertes d’une partie des 142 salariés, auxquels s’ajoute un volant moyen d’une quinzaine d’intérimaires.

 

La niche des wagons spéciaux

 

L’entreprise réalise sur un marché très concurrentiel près de 18 millions d’€ de chiffre d’affaires. La moitié de l’activité provient de la maison mère qui la met toutefois en appel d’offres. L’autre moitié sont des spécialistes du transport ferroviaire professionnel, Geodis, Gefco, Sitfa…

 

porteautomobiles
Wagons porte-automobiles conçus et réalisés par les Ateliers de Joigny. © Ateliers de Joigny.

 

Là où les Ateliers de Joigny se distinguent, c’est dans la conception et la réalisation de wagons spéciaux. « Des wagons porte-automobiles, des wagons de chantiers, du type ballastières et des wagons pour charges lourdes, jusqu’à 375 tonnes », précise Benedict Oaten, le futur directeur général.

 

Le fret ferroviaire, qui touche actuellement le fond avec 8% de parts de marché en France, ne peut selon les dirigeants que remonter. Alors, ils peaufinent leur outil industriel qui a bénéficié des dix dernières années de 6 à 7 millions d’€ d’investissements, dont l'installation d'un troisième transbordeur.

 

meulage
Meulage sur un wagon désosser. © Traces Ecrites.

 

Ils prévoient également de monter pour 200.000 € une antenne de maintenance mobile au port de Bayonne sur l’un des principaux axes ferroviaires. Reste un souci constant dans un pays où le chômage de masse est une plaie chronique : le recrutement. « Nous recherchons en permanence des mécaniciens réviseurs de pièces », indique Benedict Oaten.

 

Banniere-Fondation-TracesEcrites

 

Qui est Jacques Jolly ?

 

dirigeants
Jacques Jolly, le directeur général (à droite) et Benedict Oaten, son successeur. © Traces Ecrites.

 

A 62 ans, ce Vendéen d’origine, aussi sympathique qu’épicurien convaincu, quittera fin juillet un métier qu’il aura exercé 40 années durant. Le baccalauréat en poche, Jacques jolly intègre en 1976 le bureau d’études (BE) d’une entreprise concurrente dans la cité des sacres (Reims), puis en prend la tête.

Les Ateliers de Joigny, qui souhaitent se doter d’un BE, le débauche en 1992 pour booster l’activité. L’explication est logique : les modifications ou les conceptions-réalisations de wagons sont nettement plus rentables que la simple maintenance, facturée en heures.

Directeur d’exploitation en 2001, il quitte son poste une année plus tard avec une bonne partie du management et part à la concurrence. Puis, rappelé en 2007, il gravit quatre ans plus tard le dernier échelon et occupe encore pour un mois le fauteuil de directeur général.

 

oatenQui est Benedict Oaten ?

 

Né à Londres il y a 39 ans, cet ex-rugbyman (centre), taillé harmonieusement dans la masse, arrive avec toute sa famille en France à l’âge de 7 ans. « Mon paternel, dentiste de profession, a voulu fuir le tatchérisme », explique-t-il. Elevé en Dordogne, il poursuit ensuite des études supérieures et décroche un IUT en génie productique et mécanique, puis un diplôme d’ingénieur.

Il travaille déjà 7 ans pour un équipementier automobile. Il intègre ensuite au poste de responsable de production, une entreprise spécialisée dans le ferroviaire, près d’Orléans.

Jacques Jolly, à qui on demande de préparer sa succession il y a 3 ans, le repère et le débauche. Chargé d’affaires, responsable des méthodes, responsable d’exploitation, il fait tous les postes clés avant de prendre en main, d'ici à quelques semaines, les commandes des Ateliers.

 

ballastiere
Ballastière pour travaux sur voies ferrées mise au point et construite par les Ateliers de Joigny. © Ateliers de Joigny.

 

Un mot d’histoire

 

vueaerienne

 

Les Ateliers de Joigny, du nom de cette ville du département de l’Yonne, ont pour ancêtres la Société industrielle des moyens de transports, dite Simotra et créée en 1928 par des intérêts austro-hongrois. Sa finalité : être un auxiliaire des sociétés de chemin de fer et mettre à disposition des clients industriels des wagons adaptés à leurs besoins.

Trop à l’étroit sur son site Brétigny-sur-Orge (Essonne), l’entreprise s’installe en 1968 à Joigny, entre Auxerre et Sens, avec son appellation actuelle sur un site de 15 hectares - 3 autres seront aménagés par la suite - qui a servi de stockage aux matériaux pour la construction de l’autoroute A6.

Passée sous le contrôle de l’Australien Brambles, elle est rachetée en  2001 par l’Allemand VTG. Ce dernier, implanté à Hambourg, exploite un parc de 85.000 wagons qu’il loue dans le monde entier à des spécialistes du transport ferroviaire. Il réalise un chiffre d'affaires d'un milliard d’€ et emploie plus de 1.000 personnes.

 

essieuxentree
Essieux à l'entrée des ateliers.... © Traces Ecrites.

 

essieuxsortie
... et à la sortie. © Traces Ecrites.

 

wagonsattente
600 wagons patientent en permanence sur le site de 18 hectares. © Traces Ecrites.

 

ateliers
L'entreprise dispose de 25.000 m2 d'ateliers. © Traces Ecrites.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Yonne, maintenance industrielle, Bourgogne Franche-Comté, Ateliers de Joigny, Jacques Jolly, Benedict Oaten, wagon ferroviaire

Découvrez également les articles associés :

Trentenaire au mieux de sa forme, LCR (Les Constructeurs Réunis) tisse sa toile dans le quart nord-estTrentenaire au mieux de sa forme, LCR (Les Constructeurs Réunis) tisse sa toile dans le quart nord-est
Pourquoi le franc-comtois Omedec rachète la chaudronnerie Lhermite en Haute-MarnePourquoi le franc-comtois Omedec rachète la chaudronnerie Lhermite en Haute-Marne
La maison alsacienne de foie gras Feyel & Artzner se diversifie dans les plats cuisinés et monte en gammeLa maison alsacienne de foie gras Feyel & Artzner se diversifie dans les plats cuisinés et monte en gamme
Le fabricant de forets Diager investit plus de 8 millions dans le Jura et embauche Le fabricant de forets Diager investit plus de 8 millions dans le Jura et embauche

Commentez !


Combien font "2 plus 9" ?

Envoyer votre commentaire