Au salon mondial de Bâle, l’horloger Michel Herbelin poursuit l’aventure de son modèle iconique

Publié par Monique Clémens, le 13 mars 2018

HORLOGERIE/DOUBS. Après la Newport connectée, dévoilée lors de l’édition 2017, l’entreprise horlogère présentera au salon Baselworld, du 22 au 27 mars, trois séries limitées de son modèle phare qui, cette année, fête ses 30 ans.
A Charquemont, la troisième génération arrive aux commandes, sous l’œil bienveillant et enthousiaste de Pierre-Michel Herbelin, le fils du fondateur.

 

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Pionnière du quartz en France, il y a quarante ans, la société Michel Herbelin l’est  aussi devenue pour la montre connectée française.

 

Michel Herbelin fêtera les 30 ans de la Newport au salon mondial de l’horlogerie, à Bâle, qui se tiendra du 22 au 27 mars. Dans cette grand messe du luxe et de la précision, la maison horlogère de Charquemont, dans le haut-Doubs, présentera en avant-première trois éditions limitées de son modèle iconique. Parmi elles, une montre femme et une montre mécanique.

 

Les clients du monde entier devraient apprécier l’évolution dans la continuité. L’an dernier, Michel Herbelin les avait un peu bousculés en présentant la Newport Connect, son premier modèle connecté, d’ailleurs la première montre connectée de fabrication française, selon Patrice Besnard, le délégué général de la Chambre française de l’horlogerie et des microtechniques.

 

newportconnectUne montre avant tout, avec deux aiguilles, reprenant les codes ADN de la Newport mais aussi avec, discrètement distribués autour du cadran, de petites annotations indiquant la réception de mails, de SMS, un traceur d’activité, une fonction sommeil.

 

« Les aiguilles se positionnent en fonction des notifications », explique Maxime Herbelin, directeur marketing et petit-fils de Michel Herbelin, le fondateur. Pierre-Michel Herbelin, son père et le président de la société, assume cette discrétion et confirme : « Nous voulions d’abord faire une belle montre, mais qui offrirait d’autres fonctions. »

 

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Pionnière du quartz en France, il y a quarante ans, la société Michel Herbelin l’est donc aussi devenue pour la montre connectée française. « Jusque dans les années 70 nous ne faisions que du mouvement mécanique, puis nous nous étions lancés dans le quartz, qui ne connaît plus vraiment d’évolution aujourd’hui. Il y avait donc une cohérence à lancer ce pari de la montre connectée », explique Maxime Herbelin, l’initiateur du virage technologique.

 

Cette envie de prendre un nouveau virage, il l’avait partagée fin 2015 avec les autres membres du comité de direction de cette entreprise franc-comtoise de 80 salariés, qui tient toujours bon la barre dans le monde tempétueux de l’horlogerie.

 

Demain, toutes les montres seront connectées

 

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Après le mouvement mécanique, le quartz, Herbelin prend le virag de la montre connectée.

 

Deux ans et plus de 500.000 € d’investissement plus tard, le pari est gagné : en moins de six mois, les 3.000 pièces fabriquées ont été vendues à des distributeurs qui les ont déjà écoulées à plus des deux tiers. Car c’est l’avantage des montres connectées : c’est l’entreprise horlogère qui les connecte lorsqu’elles ont trouvé propriétaire. « Certes, sur 80.000 montres vendues cette année, ce n’est pas encore beaucoup, mais pour nous qui sommes une maison horlogère traditionnelle, avec ses codes, c’était un pari osé », rappelle Pierre-Michel Herbelin.

 

Fort de ce petit succès, l’horloger de Charquemont ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Directeur de la création, Mathieu Herbelin, le cousin de Maxime, planche déjà sur des variantes du cadran, des bracelets. Quant à Michel Herbelin, qui laisse peu à peu les rênes à la jeune génération, est persuadé que, demain, toutes les montres seront connectées.

 

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Pour lui, si les mouvements connectés vont en s’affinant tout en augmentant leur autonomie - elle n’est que de deux ans aujourd’hui -, il n’y a aucune raison pour que, à terme, elles ne remplacent pas les montres à quartz, comme le smartphone a peu à peu remplacé le téléphone domestique.

 

Le mouvement, là encore, est évidemment la pièce maîtresse. Horloger français, Herbelin se fait un honneur de se fournir en composants en France mais achète tous ses mouvements de l’autre côté du massif jurassien. Des montres made in France équipées d’un mouvement suisse. Un choix stratégique.

 

« Nous prenons le meilleur partout », dit simplement Maxime Herbelin. La manufacture suisse qui a fourni le mouvement connecté a planché pendant plus de huit mois sur des améliorations. « Maintenant, elle travaille à allonger la durée de la pile. Nous sommes encore limités par la technique, mais la technologie n’en est encore qu’à ses balbutiements. »

 

Une nouvelle équipe

 

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De gauche à droite : Benjamin Theurillat, directeur commercial et export - Cédric Gomez Montiel, directeur général - Pierre-Michel Herbelin, président - Mathieu Herbelin, directeur design et Maxime Herbelin, directeur marketing.

 

Pierre-Michel Herbelin est tout doucement en train de passer la main, et se réjouit de la créativité et de l’enthousiasme de la relève. Il reste le président de la société et garde un peu plus de 50% du capital, mais, en juin 2017, il a cédé les 49,5% restants à la nouvelle génération : son fils Maxime Herbelin, directeur marketing, son neveu Mathieu Herbelin, directeur de la création, mais aussi Benjamin Theurillat, directeur commercial export et Cédric Gomez-Montier, directeur général.

Tous les quatre se partagent cette petite moitié du capital à parts égales, et leurs profils sont « très complémentaires », estime Maxime Herbelin, qui a souhaité ce travail d’équipe.
Le chiffre d’affaires de l’entreprise atteint 16 millions d’€, dont 50% à l’export en volume, avec une belle progression en Asie, et des ambitions sur le marché américain via un tout nouveau site de vente en ligne dédié.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Doubs, horlogerie, Haut-Doubs, Bourgogne Franche-Comté, montre connectée, Michel Herbelin, Baselworld, Newport, Maxime Herbelin, Pierre-Michel Herbelin, Mathieu Herbelin

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