Arcado ajoute le jambon persillé de Bourgogne aux saucisses de morteau et de montbéliard

Publié par Monique Clémens, le 22 septembre 2015

AGROALIMENTAIRE/FRANCHE-COMTÉ. Le petit groupe d’Avoudrey a repris l’entreprise Clavière, à Dole, dans l’été.

Dans les linéaires des supermarchés, il pourra ajouter le jambon persillé de Bourgogne aux saucisses de morteau et montbéliard (*) qu’il commercialise sous ses deux marques, Jean-Louis Amiotte et Morteau Saucisse, ou sous marques distributeurs.

Mais au-delà de cet élargissement de gamme, Arcado va réorganiser sa logistique en créant, à Dole, d’ici fin 2017, une plateforme de stockage et d’expédition. 

 

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Embossage des saucisses de morteau : l'opérateur introduit la préparation de viande dans le boyau.

 

Les campagnes de communication en 2013 et 2014, montrant une saucisse de morteau promettant « 20 centimètres de pur bonheur » puis, l’année suivante, demandant « Tu m’aimes, mon chou ? » aux usagers du métro parisien et aux lecteurs de la presse nationale, visaient la cible des jeunes urbains.

 

Richard Piaget, le président du groupe Arcado qui détient les sociétés Morteau Saucisse et Jean-Louis Amiotte, est persuadé que ce produit typiquement franc-comtois, convivial et facile à cuisiner, a un avenir chez les bobos parisiens, et annonce même une troisième campagne pour la saison 2015-2016, avec un message très second degré, encore. « Notre stratégie consiste à diffuser le patrimoine gastronomique de nos entreprises pour pérenniser la filière », explique-t-il.

 

« Pour cela, nous avons des produits différenciants : les saucisses de morteau et de montbéliard et désormais, avec le rachat de Clavière, en juillet, le jambon persillé de Bourgogne. »

 

Leader sur ses deux produits-phares, avec 70% d’un marché morteau-montbéliard pesant 10 000 tonnes, le petit groupe basé à Avoudrey (Doubs), entre Besançon et Morteau, a en effet procédé à une levée de fonds de 5,3 millions d’€ au début de l’été pour pouvoir s’offrir l’entreprise Clavière.

 

Avec Clavière, un groupe  de 300 salariés

 

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Avec le rachat de Clavière, Arcado ajoute le jambon persillé à sa gamme de saucisses qu'il vend principalement en grandes surfaces.

 

Historiquement implantée à Dole (Jura), Clavière appartenait au groupe Savancia Gourmet (ex-Bongrain) qui souhaitait se recentrer sur des produits de marque et non plus sur les produits régionaux labellisés IGP (identification géographique protégée). Les saucisses de morteau et de montbéliard en bénéficient chacune d’une : Richard Paget n’y est d’ailleurs pas tout à fait étranger (lire ci-dessous).

 

Les 120 salariés de l’entreprise de Dole portent désormais à 300 l’effectif total, et ses 19 millions d’€ d'activité font grimper à 61 millions le chiffre d’affaires consolidé des trois entreprises.

 

La levée de fonds réalisée auprès de Siparex et Crédit Agricole Régions Investissement a aussi permis à Richard Paget, qui détenait un tiers du capital de Jean-Louis Amiotte et Morteau Saucisse, de devenir actionnaire majoritaire du petit groupe.

 

« Cela ne change pas grand chose sur les décisions mais j’y tenais dans le cadre de nos projets de développement. » Représentée par Carole Amiotte-Suchet, la famille fondatrice de l’entreprise reste au capital.

 

Le jambon persillé de Bourgogne – pour lequel Richard Paget ne détesterait pas entamer une démarche de labellisation IGP – complétera l’offre du petit groupe franc-comtois dans les linéaires des grandes surfaces, son canal de distribution.

 

Une plateforme logistique en projet à Dole

 

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Jambons fumés et saucisses de morteau en sortie de tuyé en attente de conditionnement.

 

Les marques Morteau Saucisse et Jean-Louis Amiotte sont dans tous les supermarchés, aux côtés des produits de marques distributeurs, qui représentent 50% des volumes de production des ateliers des deux entreprises, et l’objectif est maintenant « d’augmenter les rotations dans les linéaires », indique Richard Paget. « Nous avons fait le choix d’être des pure player, et pour cela nous avons intérêt à avoir une offre globale. »

 

Situé aux portes de la Bourgogne mais aussi à proximité des autoroutes A39 et A36, le site de Clavière, sur la zone d’activité des Epenottes à Dole, a bien accueilli son nouveau propriétaire, assure ce dernier.

 

Le groupe Arcado est en train d’installer un nouveau progiciel de gestion et devrait, d’ici fin 2017, construire une plateforme logistique d’environ 2000 m2 pour le stockage et les expéditions des trois sites de production.

 

Le projet, qui doit encore être validé, devrait mobiliser environ 2 millions d’€.

 

jlamiotteQui est Richard Paget ?

 

BTS commercial option agroalimentaire en poche, Richard Paget s’était fait embaucher chez Jean-Louis Amiotte en 1992 comme merchandiser, ou en bon franc-comtois « commercial en supermarché ». L’entreprise employait alors 40 personnes et le marché de la saucisse de morteau, qui n’avait pas encore de label, se développait.

 

Devenu chef des ventes, ce fils d’agriculteurs a accepté la proposition, en 2002, d’occuper le poste de directeur général de l’entreprise, qui comptait cette fois une centaine de salariés. « Cela me semblait assez évident de dire oui. Je voulais relancer la machine qui était une belle endormie », dit-il.

 

Sous sa direction, la société Jean-Louis Amiotte a racheté Morteau Saucisse, en 2003, puis Richard Paget est devenu actionnaire du petit groupe ainsi constitué lors d’une première opération de LBO (laveraged buy-out, rachat par fort endettement bancaire), en 2008, après le décès de Jean-Louis Amiotte.

 

Dès lors, le dirigeant  s’attache à valoriser les produits issus de la filière porcine franc-comtoise, et devient un acteur-clé des IGP saucisses de morteau et saucisse de montbéliard, obtenues respectivement en 2010 et 2013.

 

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« L’IGP, c’est un signe de qualité et cela permet de donner ses lettres de noblesse au produit, de valoriser les circuits courts et les petits éleveurs, toute la filière s’y retrouve », estime-t-il.

 

L’IGP saucisse de morteau compte une trentaine de fabricants, dont beaucoup d’artisans. « Moi je crée des volumes et je réponds aux demandes des grandes et moyennes surfaces, mais j’ai besoin des artisans, de leurs recettes, du folklore », poursuit Richard Paget, qui compte bien créer, avec d’autres acteurs des produits charcutiers franc-comtois, une route de la saucisse de morteau et une confrèrie. 

 

(*) Orthographe puriste, sans majuscule puisqu'il s'agit d'une IGP, mais rarement usitée, même par l'association de promotion de la saucisse de morteau.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dole, Franche-Comté, Jura, Doubs, agroalimentaire, IGP, jambon persillé, Morteau Saucisse, Jean-Louis Amiotte, charcuterie, Clavière, Siparex, Crédit Agricole Régions Investissement

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