Alsapan redevient 100 % familial

Publié par Traces Ecrites News, le 25 novembre 2015

AMÉNAGEMENT INTÉRIEUR/ALSACE. Les descendants du fondateur Joseph Strub ont bouclé cet automne le rachat des dernières parts détenues par des actionnaires extérieurs.

Le groupe alsacien tourne ainsi définitivement la page de la Bourse, qu’il avait ouverte à la fin des années 1990 jusqu’en 2012.

 

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La machine récemment acquise pour la fabrication d'une nouvelle gamme de sols stratifiés.

 

Trois ans après la sortie de bourse, les opérations de clôture sont définitivement achevées. Elles coïncident avec une vague d’investissements. Sur son site de meubles en kit de Boulay en Moselle, Alsapan mobilise 6 millions d’€ jusqu’en mars prochain, principalement dans une ligne d’enrobage.

 

Dans le même métier, à Erstein (Bas-Rhin), ce sont 10 millions d’€ qui seront injectés dans la fabrication de panneaux alvéolaires, moins consommateurs de bois et plus légers que les gammes classiques.

 

L’usine de Wasselonne (Bas-Rhin) spécialisée dans les plans de travail se voit aussi promise la hausse de sa capacité l’an prochain. Et dans les revêtements de sols stratifiés, 4 millions d’€ viennent d’être consacrés au lancement d’une nouvelle gamme de pose sur-mesure Créativ.

 

Chaque poseur ou client final compose à sa guise les dimensions des lames, une souplesse jusqu’alors inédite sur un marché plutôt convenu.


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Tout ceci a évidemment sa cohérence. Cécile Cantrelle, la jeune P-DG et petite-fille de Joseph Strub, la détaille. « Dans le revêtement de sol, nous devons miser sur la valeur ajoutée et l’innovation technique et commerciale : multiplicité des décors, brillance des surfaces…, pour nous différencier. Car avec 11 à 12 millions de m2 produits par an, nous sommes trop petits pour nous battre sur les volumes et sur les premiers prix, face à nos concurrents européens.»

 

« Dans les meubles en kit et les plans de travail, par contre, le marché ne raisonne qu’en termes de volumes. Nous devons donc augmenter nos capacités et notre productivité ».


Ce qui n’empêche pas l’innovation dans ces métiers-là aussi. L’entreprise vient de sortir une gamme Alsaclip de meubles en kit : grâce à un rainurage spécifique, les caissons et tiroirs s’assemblent « par simple pression du pouce, sans outil », promet la dirigeante. Si cela se confirme bien dans la réalité, les apprentis monteurs du week-end apprécieront, au lieu de s’arracher les cheveux !

 

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Dans le revêtement de sol, Alsapan dit miser sur la valeur ajoutée et l’innovation technique et commerciale.

 

Les nouveaux investissements visent à trouver de la croissance.

 

Ils succèdent à 20 millions d’€ qui, ces dernières années, ont surtout eu pour but  de remettre l’outil industriel à niveau afin de résister à la concurrence.

 

Les cinq usines se répartissent ainsi : Marlenheim (Bas-Rhin) pour les revêtements de sols qui représentent un tiers de l’activité, Erstein, Boulay (reprise de l’usine Welle en 2007) et la Courtine en Creuse (autre croissance externe en 2010) dans les meubles en kit produits à hauteur de 4 à 4,5 millions d’unités par an, enfin Wasselonne, une création ex nihilo en 2008, pour les plans de travail (1,6 million d’exemplaires annuels).

 

Fief historique de production, Dinsheim-sur-Bruche dans le Bas-Rhin a fermé ses ateliers, mais conserve le siège social. L’aventure industrielle se poursuit dans cette commune au sein de Voltec Solar, fabricant de panneaux photovoltaïques également contrôlé par la famille Strub.

 

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L'usine d'Erstein (Bas-Rhin), l'une des cinq de l'entreprise alsacienne.


L’ensemble a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 211 millions d’€, pour 800 salariés, confortant Alsapan au rang des belles ETI (entreprises de taille intermédiaires) alsaciennes.


Un autre vecteur de croissance peut venir de l’export. « Dans le revêtement de sols, nous sommes déjà à un bon niveau avec 25 % d’activités hors France : Grande-Bretagne en premier lieu, Singapour, Moyen-Orient, Italie, Espagne, présence historique en Russie. Dans les autres métiers, l’export se limite à 10 %, il y a là un potentiel », souligne Cécile Cantrelle.

 

Le chiffre dans le meuble en kit ne tient pas compte de l’activité pour Ikéa, gros client notoire d’Alsapan, qui est réalisée en France et ailleurs.


Alsapan ne peut ignorer un autre enjeu, celui de l’environnement. Qui dit panneaux pense forcément formaldéhyde, ce composantde type formol, qualifié de « poison domestique ». « Nous travaillons avec nos clients à réduire les taux. Discrètement, mais bien réellement », assure la dirigeante.

 

 

cantrelleQui est Cécile Cantrelle ?


Dans la famille Strub, c’est donc la petite-fille qui assure la suite, et fait entrer l’entreprise dans une nouvelle dimension. Beau challenge pour la jeune femme de 36 ans, dont la formation n’était pas en droite ligne du sol stratifié ou du meuble : Cécile Cantrelle est ingénieur en génie civil et titulaire d’un Master dans les énergies renouvelables.

 

Elle a commencé sa carrière, ailleurs, comme ingénieure d’affaires. C’est en 2010 qu’elle est revenue dans le giron, à un moment crucial et douloureux : son oncle Jean-Jacques, l’emblématique dirigeant de la filiale EPI, passionné de voitures de sport, se tua dans un accident sur la piste de l’Anneau du Rhin.

 

Son deuxième oncle, Paul, avait présidé l’Alsapan de la fin du XXème siècle, centré sur les meubles en kit. Son mari, Pierre, dirige Voltec Solar. Elle-même est devenue directrice générale du groupe Alsapan en 2013, puis P-DG l’année suivante.

 

Photos fournies par Alsapan.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Alsace, Bas-Rhin, industrie du meuble, investissements, Alsapan, revêtements de sols

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