Alésia se lance dans la bataille touristique

Publié par Christiane Perruchot, le 22 juin 2012

PATRIMOINE. Les 3ème journées de l'archéologie, se déroulent à partir d'aujourd'hui, vendredi 22 juin et jusqu'au dimanche 24. A cette occasion, Traces Ecrites News a visité le MuséoParc d'Alésia en Côte-d'Or, 1er acte de la fameuse bataille, vue par les Romains.

Ouvert depuis mars, le centre d'interprétation est implanté dans la plaine de Venarey-les-Laumes, là où les Romains ont établi leur siège en 52 avant Jésus-Christ.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Retranché sur l'oppidum d'Alésia - aujourd'hui le village d'Alise-saint-Reine -, après son ascension à la tête des peuples gaulois sur le plateau de Gergovie, en Auvergne, Vercingétorix se prépare à une retraite fatale.

En quelques semaines seulement, Jules César entreprend de gigantesques travaux : deux lignes fortifiées de 15 et 21 km - les circonvallations et les contrevallations -. 150 mètres sont reconstituées au pied du bâtiment d'exposition, dont la forme circulaire  rappelle, raconte l'architecte suisse Bernard Tchumi, «l'enfermement, le piège».

Les peuples gaulois unifiés ne parviendront pas à temps pour sauver leur chef  et leur indépendance. Trop lents, mal organisés : à l'arrivée de l'armée de secours, Vercingétorix s'est déjà rendu à l'armée romaine, entraînée et armée jusqu'aux dents.

Le détail de la bataille se trouve dès l'entrée de la salle d'exposition dans le Livre 7 des Commentaires de la guerre des Gaules, où César narre ses exploits guerriers.

Le conseil général de la Côte-d'Or a acheté cet exemplaire du 16ème siècle, il y a quelques années. A moins de lire le latin dans le texte, le visiteur se laisse plutôt guider par les statues monumentales de guerriers romains.

Un centre d'interprétation a l'avantage de pouvoir mêler l'authentique et la copie : des collections historiques, issues des fouilles archéologiques et des reproductions, comme les cotes de maille que portaient les centurions, les lances, boucliers et armes blanches des deux camps.

L'impression dérangeante d'un hymne à la gloire de la puissance romaine s'efface vite. «La gageure était de raconter une bataille qui n'est plus visible dans le paysage», raconte notre guide.

Pari réussi par la scénographie de l'agence Scène, à la fois ludique et informative. Mais il est grandement conseillé d'utiliser un audioguide multilingue ou de suivre un guide pour s'entendre expliciter certains épisodes muséographiques.

Acte 2 : après 2016

On pourra se prendre au jeu proposé aux enfants pour imaginer sur un écran d'ordinateur, la physionomie de Vercingétorix qui ne devait pas être l'homme moustachu aux cheveux longs de nos livres d'histoire.

On évitera de manquer la démonstration des gestes de combat par des étudiants en archéologie ou en histoire embauchés pour l'été. Conclusion sympathique d'une visite d'au moins deux heures.

Réalisé par le conseil général de la Côte-d'Or, le centre d'interprétation est le premier acte de la bataille d'Alésia. Le second se jouera sur l'oppidum, à côté de la statue de Vercingétorix, érigée par (et sous les traits) de Napoléon III qui s'était pris de passion pour l'archéologie.

Mais il faudra attendre 2016 pour le démarrage des travaux du musée qui enfermera les collections de 50 années de fouilles. Et peut-être la fin de la polémique sur le véritable lieu de la bataille, que le centre d'interprétation a l'honnêteté d'évoquer, sans se déjuger bien sûr.

Mi-juin, le MuséoParc a accueilli son 50 000ème visiteur. Un beau succès, bien qu'un grand nombre (non précisé) d'entrées gratuites aient été délivrées pendant la période promotionnelle d'ouverture.

Pour amplifier le mouvement, Laurent de Froberville, directeur de la société d'économie mixte (SEM) d'exploitation du site souhaite valoriser l'équipement, son auditorium de 150 places et ses salles de réunion auprès d'une clientèle d'entreprises.

Le développement du tourisme d'affaire permettrait de réduire les subventions de fonctionnement prévues par le conseil général pour boucler un budget annuel de 3 millions d'€ nécessaire au financement de 40 équivalent-temps plein à la belle saison.

En savoir plus sur la 3e édition des Journées nationales de l’Archéologie les 22, 23 et 24 juin 2012 en Bourgogne : cinq chantiers de fouilles ouverts au public dont celui d'Alésia, la visite d’un dépôt archéologique, des conférences …

Le programme en Bourgogne et ailleurs : Journées archéologie Inrap

Informations pratiques pour la visite du MuséoParc : www.alesia.com

A lire sur le sujet : hors série n° 14 d'Archéologia ; La Bourgogne Gauloise, Beaux-Arts Editions, et pour les enfants : hors série n° 2 d'Arkéo Junior ainsi que la BD collective Alésia de l'association AssoR Hist & BD. Disponibles dans la boutique du MuséoParc.

A lire aussi : Alésia - Un village, une bataille, un site, par Jean-Louis Voisin. Editions de Bourgogne. 224 p, 18,50 euros.

Relire l'article de Traces Ecrites News : Les collégiens à l'assaut d'Alésia

Photos : Traces Ecrites.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Evasion

Mots-clés : Bourgogne, Côte-d'Or, tourisme, Alésia, archéologie, tourisme d'affaires

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