Alemploi, coopérative ingénieuse en formation

Publié par Christian Robischon, le 04 décembre 2013
Grâce à Alemploi la cristallerie Lalique  a renouvelé et développé ses effectifs dans les deux métiers très particuliers du polissage et de la taille du verre.
Grâce à Alemploi la cristallerie Lalique a renouvelé et développé ses effectifs dans les deux métiers très particuliers du polissage et de la taille du verre.

FORMATION. Monter des formations pas standard sur des métiers en tension pour des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés : Alemploi s’est faite cette spécialité en Alsace.

Signe particulier de la structure : c’est une coopérative pour l'insertion par l’emploi. 

Alemploi s’est inspiré d’Indibat, le Geiq du bâtiment en Franche-Comté. Mais la structure alsacienne réunit le monde du BTP, celui de l’industrie et les services.

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Ces « opérations éclair » comme les dénomme son directeur général Thomas Loch, Alemploi les accumule ces derniers mois. Elles permettent aux entreprises de trouver tout ou partie d’une compétence absente de l’offre classique de formation.

« En quête urgente d’une trentaine de soudeurs aluminium, nous avons cherché tous azimuts, par la formation interne et la formation externe avec nos contacts classiques. Première pour nous, la collaboration avec Alemploi a permis de pourvoir douze des places en septembre », témoigne Leonard  Specht, DRH du fabricant de matériel de transport Lohr qui emploie 700 salariés à Duppigheim (Bas-Rhin).

De même, la cristallerie Lalique (230 salariés à Wingen-sur-Moder dans le Parc naturel régional des Vosges du Nord)  a renouvelé et développé ses effectifs dans les deux métiers très particuliers du polissage et de la taille du verre.

« Outre l’aide précieuse au recrutement, l’ouverture vers cet organisme extérieur enrichit notre entreprise à tradition de formation interne. Elle débouche d’ailleurs sur un stage fort utile sur la formation pour nos propres formateurs», relate Patrick Walter, responsable RH.

Aux stagiaires en polissage et taille du verre, il a été propose un parcours coconstruit à partir de l’adaptation d’un CAP et d’un brevet de métiers d’art qui crée des passerelles inédites entre les deux métiers.

« Nous allons signer cinq contrats de professionnalisation avec l’objectif de leur embauche à l’issue», ajoute t-il le DRH.

Les références récentes d’Alemploi concernent des métiers très divers  : métalliers-soudeurs, peintres dans l'industrie, maçons-coffreurs, opérateurs régleurs etc.

Thomas Loch, directeur général d'Alemploi.
Thomas Loch, directeur général d'Alemploi.

Le profil atypique d’une société coopérative

Au nombre d’une centaine par an, les contrats de professionnalisation ne constituent qu’une facette de l’activité d’Alemploi.

La structure accompagne en parallèle quelque 200 contrats d’apprentissage nouveaux chaque année.

Mais c’est la plus innovante. Ses parcours associent les acteurs traditionnels du domaine : Opca pour le financement (Opcalia, Afedim dans la métallurgie, Constructys dans le BTP…) et organismes de formation (Afpa, Afpi, etc.) qui dispensent les cours.

« Le montage part d’un recrutement pour lequel nous mobilisons Pôle emploi - souvent par sa méthode de  simulation -, les missions locales et de façon générale toutes les structures d’insertion par l’économique », relate Thomas Loch.

Cet univers, Alemploi en partage la philosophie : l’ingénieriste alsacien de formation présente le profil atypique d’une société coopérative (Scic) associant les organisations patronales, ses 20 salariés et ses 223 entreprises adhérentes.

Il regroupe quatre Geiq (groupement d’entreprises pour l’insertion et la qualification) dont il est le produit du rapprochement progressif depuis vingt ans.

Pour choisir le statut coopératif, Alemploi s’est inspiré d’Indibat, le Geiq du bâtiment en Franche-Comté. Mais la structure alsacienne a la particularité de réunir le monde du BTP, celui de l’industrie et celui des services.

Concrètement, le stagiaire est embauché par l’un des Geiq.  Alemploi gère son contrat de travail, un allègement de tâche administrative appréciée en particulier par les PME.

« Notre accompagnement n’est pas que technique, il comprend une grande part de soutien moral au stagiaire », ajoute Thomas Loch. « Nous sommes un peu la dernière marche avant l’emploi. Nos formations sont précédées d’une phase de préparation opérationnelle à l’emploi. Ce qui importe, c’est bien plus le projet professionnel d’un candidat que son parcours passé ».

L’an dernier, 80 % des 300 demandeurs d’emploi en formation par alternance passés par Alemploi ont réussi leur examen débouchant sur un diplôme ou un titre professionnel.

Et 185 ont trouvé un emploi (CDI pour un tiers, ou contrat temporaire) ou poursuivi leurs études.

Le site de Lohr à Duppigheim. (Image Google)
Le site de Lohr à Duppigheim. (Image Google)

Si l’on ajoute l’activité de recrutement et d’accompagnement, Alemploi a totalisé l’an dernier 610 personnes sous contrat en Geiq, en groupement d’employeurs ou en entreprise de travail temporaire et d’insertion.

La coopérative a réalisé 5,5 millions d'€ de chiffre d’affaires. Elle compte 223 entreprises adhérentes.

Photos : Christian Robischon et Lalique.

 

Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Formation, Alsace, Lohr, coopérative, Alemploi, contrat de professionnalisation, Lalique, groupement d'employeurs, Geiq du bâtiment en Franche-Comté

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