Adossée à Airwork Industries, Transmatik construit une nouvelle usine à Reims pour 2 millions d’euros

Publié par Frédéric Marais, le 14 novembre 2016

MÉCANIQUE/REIMS. Associée au groupe italien Airwork, Transmatik va passer à la vitesse supérieure en 2017… et changer de nom.

Airwork Industries s’affichera à l’entrée de la nouvelle usine en cours de construction sur le parc d’activités de Sillery, à côté de Reims.

Sa gérante, Marie-Aude Bur, souhaite doubler rapidement son chiffre d’affaires et se développer à l’export dans les pays francophones.

 

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Transmatik fabrique actuellement une dizaine de pièces par jour, beaucoup plus dans un proche avenir. © Frédéric Marais / Agence Info.

 

Le 8 mars 2012, un certain François Hollande, alors en campagne pour les présidentielles, visite une toute petite entreprise industrielle rémoise au motif qu’elle est dirigée par une femme et que c’est la Journée internationale des droits des femmes.

 

Cette entreprise, c’est Transmatik, et cette femme, c’est Marie-Aude Bur. Celle-ci n’en tire aujourd’hui aucune vanité, et n’a même pas gardé de photos de l’événement. Ce jour-là pourtant, elle offre au futur président de la République un vérin miniature.

 

Car depuis sa création en 2004, Transmatik fabrique des vérins pneumatiques ou hydrauliques pour l’industrie. « Nous équipons les machines qui utilisent de l’air comprimé ou de l’huile, voire de l’eau, pour fonctionner », explique Marie-Aude Bur.

 

La dynamique quinquagénaire précise que si « 80 % des produits sortent du catalogue, 20 % sont de la création pure, l’adaptation d’une pièce standard aux besoins du client ». Pour ce faire, l’entreprise dispose d’un stock de 25.000 composants et découpe des tubes de différents diamètres dans toutes sortes de matériaux : acier, inox, aluminium, époxy.

 

Assemblé puis testé sur banc avant d’être livré au client, le vérin peut avoir quatre destinations : la première monte sur machine, la maintenance, les revendeurs ou les prescripteurs (les bureaux d’études par exemple). Dans un portefeuille de clientèle qui comporte 900 noms, on relève ceux de Total, Faurecia, ArcelorMittal, LVMH ou encore Bolloré.

 

Un Italien chasse l’autre

 

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La TPE rémoise propose des produits qui « sortent des sentiers battus ». © Frédéric Marais / Agence Info.

 

Joli tableau de chasse pour une TPE de sept salariés partie de rien et née de la seule volonté de son actuelle dirigeante. La création de Transmatik découle d’une frustration : celle de Marie-Aude Bur, alors directrice commerciale chez un distributeur de pièces industrielles, d’avoir échoué à convaincre son employeur d’effectuer lui-même le montage des vérins. « Cela aurait permis de répondre plus rapidement à la demande des clients, à des prix plus compétitifs. »

 

Qu’à cela ne tienne, l’entreprenante Marie-Aude Bur parvient à rassembler 11.000 € pour mettre en application son idée et créer sa propre boîte avec le soutien d’un fabricant italien. Elle emménage à Bezannes (agglomération rémoise) dans un bâtiment appartenant à son mari.

 

« J’avais la niaque, je me levais à cinq heures du matin pour monter mes vérins. Je voulais tout comprendre et j’ai tout appris toute seule. Je ne sous-traitais que l’usinage. J’étais animée par l’envie de gagner », dit-elle sans la moindre forfanterie.

 

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Et c’est une réussite, car le chiffre d’affaires de Transmatik atteint déjà 1,2 million d’€ en 2008. Puis patatras ! la crise économique tombe comme un couperet et vient diviser par deux son chiffre d’affaires. Marie-Aude Bur ne se paie plus, rogne sur tout, demande à l’un de ses salariés de partager son temps de travail avec un centre de formation, se fait prêter un tour, mais refuse de licencier son personnel.

 

Entretemps, la relation avec son partenaire italien s’est interrompue. Mais voici qu’un second industriel transalpin, rencontré sur un salon en Italie, la presse de travailler avec lui. L’industriel en question s’appelle Airwork, filiale du groupe CMO (310 personnes, 170 millions d’€ de chiffre d’affaires).

 

C’est avec lui que Marie-Aude Bur crée fin 2013 une société parallèle à Transmatik, Airwork Industries, dédiée exclusivement aux produits maison. Airwork fait dans les grandes séries, tandis que Transmatik reste fidèle à la petite série, au prototypage, à la pièce faite sur mesure et au produit spécial, avec une réactivité qui lui permet de livrer un client du jour au lendemain.

 

Des embauches à la clé

 

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La future usine sera entourée d’arbres fruitiers et d’un potager pour l’agrément des salariés.

 

Les deux entités s’apprêtent aujourd’hui à fusionner, et seul le nom d’Airwork Industries s’affichera à l’entrée de la nouvelle usine en cours de construction sur le parc d’activités de Sillery, à côté de Reims. Sans regrets pour Marie-Aude Bur qui, dès le départ, savait qu’il lui faudrait s’adosser à un groupe pour réussir.

 

« Nous passerons de 500 à 1.500 m2 de surface en février 2017 », indique la gérante de Transmatik, qui détiendra 41 % des parts de la société. Quelque 2 millions d’€ seront investis dans le projet, somme comprenant l’achat du terrain, la construction du bâtiment et son équipement en nouvelles machines.

 

« Mais nous disposerons de moyens illimités, se réjouit la patronne rémoise. Notre objectif est de réaliser 2 millions d’€ de chiffre d’affaires, avec l’espoir d’en faire le double car nous avons plusieurs gros dossiers en cours. »

 

Déjà présente dans le Benelux, l’entreprise souhaite à l’avenir faire du business dans tous les pays francophones, à commencer par le Canada.

 

Preuve de ses ambitions, le terrain de Sillery, de 5.000 m2, a été dimensionné pour permettre une éventuelle extension. Plusieurs embauches de fraiseurs, d’usineurs et de mécaniciens sont aussi dans les tuyaux, de même que celle d’un commercial pour soulager Marie-Aude Bur. Laquelle se voit travailler aussi longtemps qu’elle pourra.

 

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Marie-Aude Bur est gérante à la fois de Transmatik et d’Airwork Industries. © Frédéric Marais / Agence Info.

Qui est Marie-Aude Bur ?

 

Ardennaise de 54 ans, passée par une maîtrise d’économie industrielle et qui a débuté sa carrière comme magasinière, Marie-Aude Bur est passionnée par l’industrie.

 

« Partir de la matière première pour arriver au produit fini, c’est magique. C’est de la création. J’adore les manufactures et j’aime l’odeur, le bruit des machines. »


Un enthousiasme que cette femme de caractère (il en faut sans doute pour percer dans un milieu si masculin) a su faire partager dans les différents réseaux où elle s’est investie : CJD, UIMM, association Créer au féminin, conseil d’administration d’Invest in Reims, lycée Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle à Reims (où elle travaille sur les prospectives de formations), CCI Reims-Epernay, dont elle est la trésorière adjointe et où elle préside la commission industrie, comme il se doit !



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, Investissement, mécanique, Marne, Reims, Marie-Aude Bur , Transmatik, Airwork Industries, vérins, groupe CMO

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