A Nancy, Schweitzer se lance dans les sacs bioplastiques pour les fruits et légumes

Publié par Philippe Bohlinger, le 15 novembre 2016

PLASTURGIE/MEURTHE-ET-MOSELLE. L’interdiction au 1er janvier 2017 des sacs plastiques à usage unique pour les denrées alimentaires, ouvre un nouveau marché au fabricant d’emballages ménagers installé à Ludres, près de Nancy.
Schweitzer a investi 6 millions d’€ pour fabriquer des sacs biosourcés et compostables à base de fécule de pomme de terre, destinés à l’emballage des fruits et légumes. Jusqu’alors, ces sacs ultrafins utilisés dans les supermarchés provenaient essentiellement d’Asie.

 

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Les nouvelles lignes produiront 1 milliard de sacs biosourcés et biodégradables en 2017. © Philippe Bohlinger.

 

Un milliard de sacs légers biosourcés et biodégradables pour l’emballage des fruits et légumes devraient sortir de l’usine Schweitzer de Ludres, dans l’agglomération de Nancy, en 2017. Ce fabricant de sacs poubelles, de congélation et de films plastiques a inauguré fin octobre deux lignes dédiées à cette nouvelle production, en présence de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal.

 

L’interdiction des sacs en matières plastiques à usage unique pour emballer les denrées alimentaires le 1er janvier 2017, ouvre d’importantes perspectives à l’entreprise qui emploie 181 personnes.


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« En dix ans de recherche et développement dans les bioplastiques, nous avons eu trois lois, mais aucun décret », rappelle John Persenda, P-DG du groupe français Sphère, dont Schweitzer est une filiale.

 

Son engagement en 2005 dans cette filière écologique a trouvé un débouché avec le décret 2016-379 du 30 mars 2016. Le dirigeant se félicite d’une caractéristique technique mentionnée dans le texte : Les sacs doivent être compostables « en compostage domestique », ce qui complique la grande importation de ce produit jusqu’alors majoritairement fabriqué en Asie.

 

Concrètement, la fécule de pommes de terre contenue dans les sacs fabriqués à Ludres provient des sites de Roquette ou de Tereos Syral, des entreprises agro-industrielles du Grand Est.


Des sacs à base de fécule de pomme de terre

 

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Le directeur de Schweitzer, Louis Lebon, avec la ministre Ségolène Royal lors de l'inauguration. © Philippe Bohlinger.

 

Cette matière biosourcée est associée à des polymères biodégradables issus de la chimie de synthèse sur le site allemand de Schweitzer pour obtenir des granules de biopolymère. Leur teneur minimale en biomasse fixée à 30% en 2017 augmentera selon des modalités fixées par le décret pour atteindre 60% en 2025.


Au niveau du pôle d’extrusion-soufflage de Schweitzer, cette nouvelle fabrication n’a pas nécessité d’investissement particulier. Moyennant plusieurs réglages, les extrudeuses actuellement en place traitent aussi bien les granules de bioplastique que les granules de polyéthylène recyclé.


C’est le pôle de transformation qui a concentré l’essentiel de l’investissement de 6 millions d’€. Les deux lignes actuellement en place seront rejointes par deux machines supplémentaires, tandis que les opérateurs passeront des 3x8 au 5x8 courant 2017.

 

Une ligne spécifique devrait également voir le jour au sein du pôle recyclage de Schweitzer pour permettre la régénération des sacs biosourcés. A terme, cette production devrait créer 18 emplois.


Le marché français évalué à 45.000 tonnes de sacs par an

 

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Le site lorrain est l'un des trois du groupe Sphère, fabricant de sacs poubelles et de congélation et de films plastiques. © Philippe Bohlinger.

 

Le directeur-général du site, Louis Lebon, évalue le marché français à 45.000 tonnes de sacs légers par an. D’ici deux ans, ce marché devrait permettre à Schweitzer d’augmenter de 40% son chiffre d’affaires de 60 millions d’€ en 2015.

 

Par ailleurs, l’évolution des normes européennes en matière d’emballages pourrait, selon lui, permettre de tripler la production de l’usine en sacs biosourcés estimée à 4.000 tonnes par an.


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Au global, le groupe Sphère qui emploie 1.100 salariés a investi 25 millions d’€ pour produire 15.000 tonnes de sacs biosourcés et compostables sur ses sites de Ludres, Beauzac (Haute-Loire) et Ouville-la-Rivière (Normandie).

 

Parallèlement, le fabricant d'emballages travaille à l’industrialisation d’un bioplastique baptisé Blueplast, biodégradable dans l’eau.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Environnement
Innovation

Mots-clés : Grand Est, plasturgie, Investissement, recyclage, emballage, Nancy, Schweitzer SAS, Sphere, sacs biosourcés

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