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A Nancy, Plant Advanced Technologies met au point la première molécule pharmaceutique issue de racines de plantes

Publié par Philippe Bohlinger, le 07 mars 2018

BIOTECHNOLOGIES/NANCY. Plant Advanced Technologies stimule les végétaux pour extraire leurs molécules actives par les racines. La technologie de “plante à traire” mise au point par la société de Vandoeuvre-lès-Nancy a été utilisée pour le développement d’un actif pharmaceutique contre le psoriasis.
La biotech entend explorer d’autres pistes dans la santé animale avec Vétoquinol (Haute-Saône) récemment entrée à son capital et prévoit de lever une dizaine de millions d’€ au 2e semestre 2018.

 

patracines
Les molécules actives sont extraites des végétaux en plongeant leurs racines dans un bain solvant.

 

La biotech Plant Advanced Technologies (PAT) exploite l’étonnant filon de la traite des plantes. Concrètement, la société de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) stimule des végétaux pour extraire les molécules actives en plongeant leurs racines dans un bain solvant.

 

La technologie issue du laboratoire Agronomie et environnement (INRA-Université de Lorraine) est développée depuis 2005 par l’entreprise qui emploie 42 personnes et cultive 3 hectares selon cette méthode. Grâce à elle, PAT a mis au point plusieurs actifs cosmétiques et développe aujourd’hui une première molécule pharmaceutique, un anti-psoriasis, une maladie chronique de la peau.


« Notre produit actif est issu de l’optimisation chimique d’une molécule naturelle produite grâce à la technologie de plantes à traire. Elle pourrait se substituer aux traitements locaux à base de cortisone dont l’usage est limité dans le temps et peut entraîner des effets indésirables », détaille Frédéric Bourgaud, directeur recherche et développement.

 

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Pour porter cette molécule tout en maîtrisant les risques, l’entreprise a créé le 9 février dernier une filiale, Temisis. Les essais précliniques ont démontré son efficacité sur les animaux. Pour engager les premiers tests sur l’homme (phase 1 et 2a), PAT prévoit de lever une dizaine de millions d’€ au 2e semestre 2018.

 

L’entreprise pourrait ensuite concéder par la suite des licences d’exploitation à de grands groupes pharmaceutiques et bénéficier de leur effet de levier pour valider les étapes suivantes. PAT serait ensuite en mesure de produire la nouvelle molécule, une fois celle-ci commercialisée.


La biotech ne compte pas pour autant se limiter à sa technologie de plantes à traire. Elle a notamment développé une plateforme de production d’anticorps monoclonaux à visée vétérinaire, des anticorps produits par des clones de cellules spécialisées issues du système immunitaire.

 

Intéressée par ce concept, le laboratoire vétérinaire Vetoquinol à Lure (Haute-Saône) a pris une participation de 2% en novembre 2017 au capital de PAT. « Un médicament sur deux produits par l’industrie pharmaceutique est un anticorps monoclonal », pointe Frédéric Bourgaud.

 

Collaborations avec BASF et entrée au capital de Vétoquinol

 

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La société cultive 3 hectares dans des serres à Laronxe (Meurthe-et-Moselle).

 

Produits vétérinaires, molécules alternatives aux antibiotiques ou aux pesticides, PAT multiplie également les collaborations pour s’ouvrir de nouveaux marchés. Elle est notamment à l’origine du consortium Bioprolor (Bioactifs produits en Lorraine) renouvelé en octobre 2017 par la région Grand-Est. Les tests sur animaux de sa molécule anti-psoriasis ont été réalisés par ETAP-Lab à Vandœuvre-lès-Nancy.

 

Avec ABC Platform (CNRS-Université de Lorraine), elle cherche à débusquer un antibactérien alternatif aux antibiotiques. En partenariat avec le spécialiste de l’assimilation des substances actives Stanipharm à Champigneulles (Meurthe-et-Moselle), elle réfléchit à la meilleure manière d’administrer un anti-Alzheimer.

 

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Enfin, PAT collabore parallèlement avec la division Agro du géant BASF sur un produit alternatif aux pesticides. « Traquer les composés actifs dans les plantes est parfois plus efficace que d’essayer de les synthétiser au hasard, par voie chimique. Si un végétal dépense de l’énergie à fabriquer une molécule, c’est qu’elle entre dans sa stratégie de survie », livre le directeur recherche-développement.


Toutefois, dans le monde végétal, il faut parfois faire preuve de patience. L’entreprise qui se développe selon le modèle d’une start-up a vu son chiffre d’affaires hors filiale reculer de 30,1% en 2017 à 806.000 €. Un résultat qui s’explique par la baisse des commandes d’un client, des temps d’appropriation plus longs qu’anticipés et un changement de stratégie commerciale.


patbourgaudQui est Frédéric Bourgaud ?


Ancien directeur de laboratoire et professeur à l’Ecole nationale supérieur d’agronomie de Nancy (Ensaia), Frédéric Bourgaud a cofondé Plant Advanced Technologies en 2005 avec Éric Gontier et de Jean-Paul Fèvre. Il a intégré en février 2017, les équipes de la société comme directeur recherche-développement.


« En termes de prise de risque, nous avons renversé cinq ou six fois la table depuis la création de l’entreprise ! », confie Frédéric Bourgaud.

 

Une allusion à l’investissement dans des serres à Laronxe (Meurthe-et-Moselle), près de Lunéville, la recapitalisation de la société sur Alternext Paris ou encore à une levée de fonds de 7,5 millions d’€ en 2015.

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Grand Est, biotechnologies, levée de fonds, BASF, Vetoquinol, Nancy, Meurthe-et-Moselle, Plant Advanced Technologies, Alternext Paris

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