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Avec une extension de ses ateliers à Dijon, le liquoriste Gabriel Boudier trace sa route à dix ans

Publié par Christiane Perruchot, le 08 janvier 2018

AGROALIMENTAIRE/DIJON. Le liquoriste dijonnais, fabricant de crèmes de cassis de Dijon et autres liqueurs de fruits et de plantes, agrandit ses ateliers pour rendre plus fluides les flux de production.
C’est la première étape d’un ambitieux plan d’investissement de 10 millions d'€, que les dirigeants François et Yves Battault espèrent mener en 5 à 10 ans.

L'entreprise familiale, qui fêtera cette année ses 50 ans dans la zone industrielle Cap Nord à Dijon, positionne ses fabrications vers le haut de gamme, à destination des marchés de la restauration et de l'export.

 

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L'extension de 1.300 m2 va permettre d'organiser la production selon le principe de la marche en avant. Photo non contractuelle.

 

Repreneurs en 2015 de l’entreprise familiale que dirigeait leur frère Jean, François et Yves Battault, respectivement président et directeur général de la SAS Gabriel Boudier, ont revisité l'entreprise. « Nous nous sommes projetés dans l’avenir et avons défini les étapes pour adapter un outil industriel, certes très  performant, mais optimisable », expose François Battault.

 

Le résultat est la décision d’un vaste plan d’investissement déployé par étapes sur 5 à 10 ans qui se chiffre à 10 millions d’€. La première démarre cette année, concomitamment au 50ème anniversaire de l'implantation de l’entreprise dans la zone industrielle (ZAE) Cap Nord à Dijon.

 

Jusqu'alors, le fabricant de liqueurs était installé dans les faubourgs de Dijon, boulevard de Strasbourg, là où était née la maison Fontbonne en 1874, que Gabriel Boudier racheta en 1909 et lui donna son nom. Celui-ci fut conservé malgré un changement d’actionnariat en 1936 avec la famille Battault.


Dans l’immédiat, Gabriel Boudier va pousser les murs. Une extension de 1.300 m2 jouxtant les bâtiments actuels va démarrer ces prochaines semaines. D’un montant de 1,6 million d’€, l’investissement a pour principal objet de réorganiser les flux de production. Il s’accompagnera de 6 à 8 embauches (conducteurs de lignes et caristes).

 

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« Depuis l’implantation de l’usine dans la zone industrielle Cap Nord en 1968, des réaménagements au fur et à mesure des développements ont rendu l’outil de production compliqué ; un volume plus compact du bâtiment agrandi permettra d’implanter le principe de la marche en avant, sans aucune rupture de charge », explique François Battault. Sans flux croisés, les entrepreneurs estiment qu’ils peuvent gagner 20% de productivité.

 

Une partie significative de l’investissement va bénéficier au laboratoire où une équipe de 8 personnes concocte les saveurs et arômes des liqueurs, réalise les assemblages d'extraits de fruits ou de plantes avec des techniques par macération (c’est le cas des fruits rouges, comme le cassis) ou par distillation (les liqueurs d’agrumes), voire les deux (comme l’un des produits phares de la maison, l’eau de vie de Poire William).


François et Yves Battault veulent faire de la nouvelle installation, plus confortable, « un outil commercial ». Car si le liquoriste fabrique et vend ses propres recettes - notamment celles qui portent sa marque -, il en élabore à la demande pour des fabricants de spiritueux et pour l’industrie aromatique, « de la création de la recette à la fabrication jusqu’au conseil marketing en passant par l’embouteillage ou la livraison en vrac », précise François Battault.


Comme exemple, l’entrepreneur cite les gammes estampillées Bernard Loiseau, du nom du célèbre restaurant de Saulieu. Ou encore la collaboration avec les jeunes créatrices d’H.THEORIA qui ont imaginé des bases inattendues de cocktails en mariant épices, fruits et plantes.

 

Goûts des consommateurs et modes de consommation selon les pays

 

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Ligne d'embouteillage © Gabriel Boudier.

 

Le laboratoire joue également un rôle prépondérant dans la stratégie à l’exportation sur laquelle le liquoriste surfe avec succès depuis plusieurs années : 62% du chiffre d’affaires de 13 millions d’€ à fin mars 2017 (bilan établi à cheval sur deux années civiles), réalisé avec 60 salariés, est issu de marchés internationaux.


Les goûts des consommateurs et les modes de consommation variant selon les pays, Gabriel Boudier s’adapte. En faisant par exemple une liqueur de thé que les Japonais boivent pure ou avec un tonique, ou une liqueur de piment d’Espelette comme ingrédient de cocktails.

 

 Cette diversification que François Battault interprète joliment en se qualifiant de « couturier sur mesure » est loin de l’image d’Epinal qui veut que les liquoristes dijonnais (*) fabriquent avant tout de la crème de cassis de Dijon, bénéficiaire d’une Indication Géographique (IG). Les liqueurs (cassis et autres fruits) à la marque Boudier ne représentent plus que 25% du chiffre d’affaires.


Par ailleurs, la fabrication pour des marques de distributeurs (MDD) recule volontairement : « Dans un produit de grande distribution qui se vend par le prix, la part du coût du verre prend le pas sur le contenu ; nous ne voulons pas devenir de simples embouteilleurs », estiment les dirigeants qui souhaitent garder la cohérence de leur stratégie de “premiumisation” (vers le haut de gamme) de leurs produits avec le label Entreprise du Patrimoine Vivant obtenu en juin 2017, une marque de reconnaissance de l’Etat des savoir-faire français.


(*) Quatre liquoristes à Dijon réunis au sein du Syndicat des Fabricants du Cassis de Dijon : les maisons Lejay-Lagoute, L’Héritier-GuyotEdmond Briottet et Gabriel Boudier.

 

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Qui sont François et Yves Battault ?

 

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François (à droite) et Yves Battault. © Traces Ecrites.

 

François Battault, 58 ans, diplômé de l'EM de Lyon en 1981, est entré dans l’entreprise familiale en 1988, après avoir fait ses classes comme directeur marketing chez un fabricant d’outillage.

 

Chargé des achats et de l’informatique, il s’était particulièrement occupé à mettre en place les standards qualité des produits et du cycle de production. En 2015, il succède à son frère aîné Jean Battault à la tête du Directoire de la maison Gabriel Boudier.

Son frère cadet Yves rejoint l'entreprise en 1982 pour occuper le poste de directeur général qu’il tient toujours. La transmission s’accompagne de l’entrée au capital des sociétés de capital risque CM-CIC Investissement, filiale du Crédit Mutuel et de CIC qui ont vocation a vocation à se retirer à terme.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, agroalimentaire, spiritueux, Investissement, liquoriste, crème de cassis de Dijon, Bourgogne Franche-Comté, Gabriel Boudier, François Battault

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