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A Dijon, l’apiculteur Apidis construit une gigantesque usine flanquée d’un espace muséographique

Publié par Christiane Perruchot, le 04 juin 2018

AGROALIMENTAIRE/DIJON. Le producteur de miel installé depuis 120 ans au centre de Dijon met en service cet été une usine gigantesque en construction sur le Marché de l’Agro dont le projet, par son architecture et son contenu, se révèle autant culturel qu’industriel.

Un espace muséographique accompagne une réorganisation des flux qui raccourcit le parcours de la matière première au conditionnement en pots, de 1,8 kilomètre à 300 mètres.

 

 

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Esquisse vue de dessus de la nouvelle unité de production d'Apidis. © Correia.

 

« Ce projet, c’est comme faire une usine dans une maison », s’exclame Alain Dulac, gérant d’Agro Process (Rhône), le bureau d’études spécialisé dans l’industrie agroalimentaire qui installe le process de la miellerie d’Apidis (pour Apiculture Production Innovation Distribution) à Dijon.

 

En fin de travaux pour un déménagement prévu à la mi-août, la nouvelle unité de conditionnement et de stockage de 6.650 m2 et représentant un investissement de 9 millions d'€ prend place dans un ensemble sophistiqué imaginé par l’atelier d’architecture Correia (Saulieu).

 

« Une usine-village », résume Juliette Lavault, jeune architecte qui réalise là son premier gros projet. Vus de loin, les toits orange qui surplombent la zone d’activités Marché de l’Agro, dans le nord de Dijon, pourraient faire croire qu’on construit ici un immeuble d’habitation.

 

En fait, ils coiffent cinq maisons en bois, de différentes tailles, chacune remplissant une fonction particulière. Celle située à l’entrée du site, au rez-de-chaussée, sera la boutique et le point de départ d’un parcours muséographique sur la vie des abeilles et la production du miel. Elle donne accès à une galerie sur deux niveaux supérieurs d’où le visiteur aura une vue  - discrète - en contreplongée sur les ateliers.

 

 

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Les autres maisons sont sur le toit de l’usine. La plus grande, bâtie sur le point le plus haut du bâtiment, abrite les bureaux et jouxte le logement de fonction du gardien des lieux. La plus petite, dont la forme rappelle une ruche, sera un  « bar à miel », un endroit où les visiteurs pourront déguster les différents miels conditionnés juste en dessous.

 

Enfin, la cinquième sera office de salle de réception et d’exposition temporaire. Tout autour, un décor de plantes mellifères avec une fontaine, des bancs, des petits carrés de potager, veut créer l’ambiance de la place d’un village. Les visiteurs pourront s’y attarder.

 

Contribution à l’information, voire l'éducation du consommateur

 

 

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Visite du chantier le 31 mai avec la Maison de l'Architecture de Bourgogne. A l'entrée du site, la boutique. © Traces Ecrites.

 

 

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La plus petite des maisons, dont la forme évoque une ruche, sera un lieu de dégustation des miels produts par la maison. © Traces Ecrites.

 

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Et la maison qui abrite les bureaux. © Traces Ecrites.

 

Destinée à augmenter les capacités de production du site historique situé sur les bords de l’Ouche au centre-ville de Dijon, là où l’arrière grand-père du PDG, Pascal Perronneau, avait créé une activité d’apiculture en 1890, la nouvelle miellerie qui occupe au total 7.500 m2 est tout autant un projet culturel qu’industriel.

 

Grand défenseur de la biodiversité, le dirigeant qui cède progressivement l’affaire familiale à ses deux fils, Thomas et Cédric, veut apporter sa contribution à l’information, voire l’éducation des consommateurs.  « Les abeilles paient un lourd tribut au changement climatique et aux traitements chimiques et le miel est un produit de santé que les consommateurs peuvent préserver dès lors qu’ils sont bien informés », explique t-il.

 

L’espace muséal qui s’étendra sur 345 m2 attirera entre autres la vigilance du public sur l’étiquetage des miels, les indications de provenance peu lisibles : UE (Union Européenne), hors UE  ou encore la différence entre un miel monofloral ou de miels mélangés.

 

Les députés se penchent d’ailleurs en ce moment sur la question, le but étant d’imposer le nom du pays d’origine sur l’étiquetage. Le marché est en effet envahi de miels bon marché venus de Chine, et dilués avec du sucre de canne, sans que l’acheteur n’en soit vraiment conscient car rien ne l’indique.

 

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Apidis, plus connu sur les étalages avec sa marque Ruchers de Bourgogne, défend la production monoflorale, à partir d’une seule plante. Pour y parvenir, l’apiculteur procède selon les saisons à la transhumance de ses ruches. Les colonies d’abeilles du Morvan qui viennent de donner du miel d’acacia vont bientôt partir en montagne, puis dans le Midi butiner la lavande. Le transport se fait dans de gros semi-remoques, de nuit, raconte Pascal Ragonneau, pour ne pas trop déranger les abeilles.

 

La scénographie de l’espace muséal sera mise en place l’année prochaine. Dans l’immédiat, c’est l’installation de l’outil de production qui prime. Le déménagement aura lieu pendant les vacances d’été des salariés. En l’absence des équipements et lignes de conditionnement opérationnels en septembre, ce sont les deux locaux de stockage et de préparation des commandes qui impressionnent par leur volume, jusqu’à 18 mètres de hauteur.

 

Il faut s’imaginer ici que des racks semi-automatisés stockeront la marchandise classée par type de miels - des plus courants comme l’acacia ou le sapin aux exotiques comme le miel d’avocat ou de litchi - et par marques avant d’être expédiés dans le commerce.

 

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Vue discrète sur les ateliers depuis la galerie muséale. © Traces Ecrites.

 

Le miel aura auparavant circulé dans les tuyaux depuis les salles de réception des fûts conservés à quatre degrés avant de réchauffer leur contenu à environ 35 degrés, la température ambiante d’une ruche. Auparavant, le  laboratoire aura analysé les arrivages pour vérifier la composition du miel qui provient de 4.500 ruches que l’entreprise (chiffre d'affaires de 16,27 millions d’€, dont 15 % à l'export dans 29 pays, 49 salariés) possède en propre ou sous contrat.

 

De 1,8 kilomètre, l’organisation des flux de la nouvelle usine va raccourcir à 300 mètres, la distance que le miel parcourt actuellement. Des gains de productivité qui laissent déjà envisager une extension pour développer les produits dérivés, fabriqués en grande partie en sous-traitance : pollens, gelée royale, confiseries,  pain d’épices, moutarde etc.

 

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Pascal Perronneau (à droite), le PDG d'Apidis et Claude Correia, l'architecte. © Traces Ecrites.

 

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Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, Côte-d'Or, agroalimentaire, Marché de l'Agro, Bourgogne Franche-Comté, apiculture, Apidis, Correia Architectes, miellerie

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