A Besançon, iXblue Photonics prêt à décoller dans ses nouveaux locaux

Publié par Monique Clémens, le 09 mars 2017

PHOTONIQUE/DOUBS. Adossée au groupe français iXblue depuis 2015, Photline Technologies, devenue iXblue Photonics, inaugure aujourd’hui ses nouveaux locaux, un outil ultra-performant sur les hauteurs de Temis à Besançon. Un investissement d’un peu plus d’un million d’euros d’ équipements.
Grâce à sa spécialité, les modulateurs optiques à ultra-hautes fréquences, l’entreprise bisontine fournit les circuits optiques des centrales de navigation inertielle d’iXblue, sa maison-mère, qui a intégré toutes les fabrications. Plus visible, elle est aussi en bonne position sur le marché du spatial, en forte croissance.

 

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Les nouveaux locaux offrent 400 m2 de de salles blanches contre 100 auparavant.

 

En 2015, lorsque iXblue, spécialisée dans les produits et services de navigation océanographiques, avait racheté Photline Technologies, spin-off du laboratoire d’optique de Femto-ST, les deux entreprises travaillaient ensemble depuis plus de dix ans déjà.

 

Sans doute même depuis la création de Photline Technologies, pense Henri Porte, l’un des trois fondateurs - avec Pascal Mollier et Jérôme Hauden, toujours à bord - de cette société ultra-innovante qui conçoit les modulateurs optiques les plus rapides du monde.

 

L’entreprise vient de s’installer dans des locaux adaptés à son activité, sur le technopôle Temis, à Besançon, inaugurés ce 9 mars. Créée en 2000, cette pépite connaît, depuis, une croissance régulière et affiche une bonne rentabilité.

 

Sur ces deux dernières années, son chiffre d’affaires a encore bondi de 14% pour atteindre 7,5 millions d’€, dont environ 75% à l’export, auprès de clients comme le CEA (Centre d’Etudes Atomiqiues), le CNES, la Nasa, Jaxa (l’équivalent de la Nasa au Japon, via un intégrateur), ainsi que des laboratoires et des PME.


Le rachat par iXblue n’avait donc rien d’un sauvetage mais relevait bien d’une stratégie, celle du rapprochement de deux partenaires industriels positionnés sur des technologies complémentaires prometteuses.

 

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« iXblue est spécialisée dans les centrales de navigation inertielle à base de gyromètre à fibre optique, une technologie de navigation extrêmement sensible et fiable, et nous, à Besançon, nous fabriquons un élément-clé de ces gyromètres : le circuit optique, fabriqué en salle blanche », explique Henri Porte pour tenter d’éclaircir le concept, qu’il admet volontiers obscur au néophyte.

 

Pour filer encore un peu la métaphore, et la technologie s’y prête, disons que le savoir-faire bisontin réside dans la capacité à bloquer ou laisser passer la lumière dans une boîte noire, le modulateur, jusqu’à 40 milliards de fois par seconde, ce qui permet une transmission d’information très haut débit par fibre optique.


« Notre circuit optique est ensuite intégré à Saint-Germain-en-Laye, au siège d’iXblue, tout comme la fibre optique développée par le site de Lannion, en Bretagne. Nos deux unités fabriquent les deux produits fondamentaux dans l’intégration du gyromètre qui va mesurer une position angulaire dans l’espace. »

 

Des modulateurs envoyés dans l’espace

 

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Aktya, filiale de la SedD a porté l'immobilier d'un projet de 5 millions d'€, équipements compris.

 

Réunis au sein de l’entité iXblue Photonics, dont Henri Porte est le vice-président, Besançon et Lannion (Côtes-d'Armor) sont les deux centres de production stratégiques de ces centrales de navigation inertielles.

 

Le groupe industriel français maîtrise ainsi toute la chaîne de fabrication du produit, un verrouillage bien vu par ses clients. iXblue (pour le bleu des fonds marins) travaille en effet pour les marchés militaires (défense navale et terrestre) et civils (exploration océanique et spatiale) et assure tout la R&D et la production en France.

 

Le groupe est en croissance de 15 à 20% par an et a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’€ en 2015, dont 80% à l’export. Il emploie près de 600 personnes.


iXblue Photonics compte 80 salariés, répartis équitablement entre Lannion et Besançon. Sur les 40 de l’équipe bisontine, une moitié encore assure la production, dans les salles blanches et autres espaces propres du rez-de-chaussée ; l’autre moitié est répartie entre la R&D (8 personnes) et les services supports, à l’étage.

 

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La conception et la production des fameux circuits optiques pour iXblue ne représentent que 20% de l’activité, « mais cet adossement nous apporte plus de force, plus de visibilité et plus de crédibilité pour les marchés du spatial par exemple », ajoute Henri Porte.

 

« Le spatial devient une activité significative, en croissance de 10 à 20%. Grâce à iXblue, nos modulateurs sont envoyés dans l’espace avec une quinzaine de satellites équipés de centrales, ce qui nous permet de les qualifier. »

 

Dans ce secteur d’activité qui monte, qui monte, iXblue Besançon est en bonne position dans les projets télécom. De bon augure pour la croissance du site bisontin, dont les nouveaux locaux peuvent encore accueillir de nouveaux collaborateurs.

 

Construits sur les hauteurs de Temis par les structures d’immobilier d’entreprise des collectivités locales, Aktya et la SedD, les nouveaux locaux d’iXblue Besançon offrent un outil de travail ultra-performant à ses équipes.

 

De 1.000 m2 dans ses anciens bâtiments de la rue Jouchoux, l’entreprise en occupe désormais 2.500, dont 400 de salle blanche (contre 100 auparavant) auquel s’ajoutent des espaces d’intégration propres de 600 m2.

 

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Henri Porte, l'un des fondateurs de Photline Technologies est resté aux commandes depuis le rachat par iXblue.

L’investissement total s’est monté à 5 millions d’€, dont 1,6 million à la charge de l’entreprise pour le traitement de l’air et la salle blanche, justement.

 

« Aujourd’hui, nous avons un flux de production rationnel et une stabilité remarquable de la qualité de l’air », constate Henri Porte, vice-président d’iXblue Photonics.

 

« Ce nouveau bâtiment a permis une véritable organisation et même des modifications dans les équipes : on a formé des jeunes à planifier et à manager, et c’est très payant, ça marche. On a aussi une super visibilité », ajoute le dirigeant qui rapporte que ses clients japonais découvrent ici le système qualité de l’entreprise, ce qui lui a déjà valu de nouveaux contrats.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Besançon, microtechniques, Investissement, salles blanches, optique, Temis, Photline Technologie, Bourgogne Franche-Comté, Henri Porte, circuits optiques, iXblue Photonics

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