A Besançon, et depuis peu à Dijon, Âges et Vie invente la colocation pour les personnes âgées

Publié par Christiane Perruchot, le 16 novembre 2017

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ. Dix ans après son premier domicile partagé pour les personnes âgées, la société de Besançon duplique son modèle de pension de famille dans la région de Dijon et affiche l’ambition de l’implanter plus loin dans l’Est.
Le modèle économique repose un foncier municipal, des investisseurs privés, une garantie de loyer à long terme pour le loueur et des prix accessibles à tous les revenus.

 

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Simon Vouillot, Thierry Morel et Nicolas Perrette (de gauche à droite), les trois associés d'Âges et Vie devant l'esquisse de la version urbaine des domiciles partagés qui a récemment ouvert à Besançon. © Traces Ecrites.

 

Lorsque Simon Vouillot, cofondateur d’Âges et Vie avec Thierry Morel et Nicolas Perrette, parle de son métier, il aime à qu’on ne le réduise pas à celui de promoteur. Les maisons que le trio bisontin construit depuis 10 ans pour héberger les personnes âgées en perte d’autonomie, relèvent davantage de la pension de famille, voire de la colocation que la maison de retraite, expose t-il.

 

La conception du logis lui donne raison. Les studios d’une trentaine de mètres carrés s’organisent autour d’une pièce commune qui fait office de cuisine, de salle à manger et de salon. Des auxiliaires de vie qui habitent sur place, à l’étage ou dans un logement attenant, sont présents nuit et jour dans ce qui s’apparente à une grande maison - 300 m2 de plain-pied.

 

La prise des repas avec les résidents les assimile plus à des proches qu’à des salariés. Et les pensionnaires sont incités à les aider à faire les courses, la cuisine, proposer des animations…« On veille à ce que les personnes âgées continuent de vivre le plus normalement possible », explique Simon Vouillot.

 

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Le premier de ces domiciles partagés avait vu le jour à Montfaucon, près de Besançon, pour six colocataires et trois salariés, en 2008. Depuis la liste s’est allongée à une vingtaine d’opérations dans le Doubs, et une dizaine dans les autres départements de l’ancienne Franche-Comté.

 

Le concept commence à s’implanter en Côte-d’Or, autour de Dijon, avec trois projets en construction à Ahuy, Ouges et Saulon-la-Chapelle qui accueilleront 2 à 4 personnes âgées. Au total, la société compte 27 sites, héberge 300 personnes et emploie 200 salariés.

 

La dernière maison ouverte cet automne dans le quartier Saint-Claude à Besançon rompt avec les petites unités réalisées jusqu’à présent, mais restent calquées sur le module de base de 300 m2, conçu au départ pour s’intégrer dans les bourgs des petites communes.

 

Avec 22 studios répartis dans trois bâtiments jumelés, chacun reproduisant le module de base autour de la pièce à vivre - l'étage étant réservé aux salariés -, c’est la version urbaine. Quatre salariés vivent sur place et deux à l’extérieur. « Pour ces plus grands ensembles, on réfléchit à mélanger davantage les salariés et les pensionnaires, afin de renforcer l’aspect intergénérationnel.»


Tout le territoire Rhin-Rhône, de Strasbourg à.. la Méditerranée

 

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Un projet prêt à démarrer à Luxeuil, en Haute-Saône. © Mathieu Brutel Atelier d'Architecture de Tramayes.

 

L’ambition est s’étendre à tout le territoire Rhin-Rhône, de Strasbourg à.. la Méditerranée. Et pourquoi pas un jour à l’échelle nationale ! Car les associés pensent que leur modèle économique permet au concept de se dupliquer n’importe où.


Le premier interlocuteur des monteurs de projets est la commune ou l’aménageur d’une opération d’habitat à l’échelle d’un quartier. Bien souvent, la municipalité qui cherche une solution pour garder ses habitants âgés sur la commune cède le terrain (environ 2.000 m2) pour l’euro symbolique. A défaut, une transaction est négociée à prix préférentiel.

 

Pour convaincre, Âge et Vie a un argument de poids. « Nos opérations sont accessibles à tous les revenus avec un loyer mensuel inférieur à 1.500 € aides déduites, et le ratio de salariés est le même qu’une maison de retraite traditionnelle, c’est-à-dire un salarié pour deux résidents. »

 

Pour monter l’opération, Âges et Vie cherche ensuite des investisseurs, acquéreurs d’une ou plusieurs chambres meublées ou appartements avec des avantages fiscaux (loueur en meublé, dispositif Pinel…). Le bail de location porte sur 40 ans avec une garantie de loyers en cas de vacance. Les logements des salariés relèvent d’une autre fiscalité (accession ou investissement locatif classique).

 

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L’organisation fait également partie du modèle économique. « Il n’y a pas un centimètre carré inutile et contrairement à ce que l’on pense, une petite structure est moins coûteuse en fonctionnement, par exemple les machines à laver ont la taille de celles des ménagères », assure Simon Vouillot.

 

Les salariés sont également polyvalents : l’entretien, le repassage, la cuisine, l’animation, des soins de base. Toutes les fonctions supports (comptabilité, relations humaines) regroupées au siège situé dans la zone Lafayette à Besançon sont également source d’économies.

 

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Les studios d’une trentaine de mètres carrés s’organisent autour d’une pièce à vivre  qui fait office de cuisine, de salle à manger et de salon. © Âges et Vie.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Besançon, promotion immobilière, Bourgogne Franche-Comté, Âges et Vie, hébergement pour personnes âgées, domiciles partagés, investisseur imobilier

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3 réponse(s) à "A Besançon, et depuis peu à Dijon, Âges et Vie invente la colocation pour les personnes âgées"

  1. Annedit :

    Un véritable concept d'argent. Des promesses des arguments seulement commerciaux bien rodés. La réalité est bien différente. Mauvaise expérience pour mon père qui a préféré changer pour l'Ehpad. Très très mauvaise expérience, je déconseille

  2. Simon VOUILLOT dit :

    Nous y travaillons !

  3. DAVIDdit :

    Bonjour, Félicitations, quelle belle idée, j'espère qu'un jour vous viendrez vers nous dans les Vosges. Cdlt V. DAVID

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