Dijon : l'écoquartier Heudelet 26 devrait faire fuir les bobos

Publié par Christiane Perruchot, le 29 mars 2012

URBANISME. En avant-première du salon de l'immobilier Immo d'Or, du 30 mars au 1er avril au parc des expositions de Dijon, la société d'économie mixte d'aménagement de l'agglomération dijonnaise (Semaad) lève le voile sur le futur écoquartier Heudelet 26, avenue du Drapeau à Dijon.

Les promoteurs choisis par l'aménageur présenteront leurs programmes : en tout 295 logements construits sur un terrain de moins de 3 hectares, derrière le siège de la Communauté de l'agglomération du Grand Dijon.

Le permis de construire a été déposé pour 6 d'entre eux. 10 500 m2 de bureaux, commerces et équipements culturels complètent le quartier où la voiture n'a pas droit de cité.

L'exiguïté des lieux -«un mouchoir de poche», selon les termes de l'aménageur-, autorise ce choix.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

«Heudelet 26 ne sera pas un quartier pour bobos», promet Pierre Pribetich, président de la Semaad.

Pour convaincre, il insiste sur deux chiffres : plus d'un logement sur trois (36%) sera à loyer modéré et 16% seront en accession "abordable". «Nous poussons la mixité jusqu'au palier», ajoute Thierry Lajoie, le directeur.

Et les prix de l'accession à la propriété devraient rester dans la mouvance du marché local, entre 2800 à 3200 € le m2. «Le prix de vente du foncier, de 150 € pour un logement modéré à 350 € pour la promotion privée, a été étudié de façon à rester dans la moyenne des prix de vente sur Dijon des 4 dernières années», précise le directeur.

Les futurs habitants devront adopter un mode de vie non standard. Pas de parking sous les immeubles d'habitation. Pas de place affectée non plus.

Concentrées à l'entrée du quartier, dans un parking semi-enterré mutualisé, les places de stationnement seront régies par un droit d'usage.

Endossant pour l'occasion le rôle d'exploitant de parking, l'aménageur vendra des droits d'usage aux acquéreurs. Épousant le système de surbooking dans les avions, il fait le pari que les places occupées la journée par les commerçants et les employés de bureau du quartier se libèreront à temps pour le retour des résidents le soir.

«Il faudra une gestion très fine», reconnaît l'aménageur. D'autant qu'il y aura moins d'une place par logement : précisément 0,7. La proximité d'une station du tramway ne devrait pas rendre indispensable à tous la possession d'une voiture.

A défaut de pouvoir se garer devant leur porte pour décharger les provisions de la semaine, des services seront mis en place. Les habitants disposeront de caddies dans les parkings et de casiers de consigne dans lesquels les commerçants pourront déposer les commandes de courses. L'aménageur parie aussi sur l'implantation de commerces de proximité au rez-de-chaussée en front de rue.

Le contraire d'un quartier dortoir

Le plan d'urbanisme réalisé par les architectes dijonnais de Studiomustard (1) apporte l'image d'une cité-jardin abondamment végétalisée.

Le plan-guide imposé aux promoteurs donne un air de famille à tous les immeubles, avec des petits volumes superposés que l'aménageur préfère interpréter «comme une cohérence des formes qui donne un caractère au quartier».

Consultés dans le cadre d'une procédure de promotion-conception qui les associe, dès la candidature, à un architecte, cinq promoteurs privés et trois bailleurs sociaux (2) se partagent des programmes de maisons groupées, au nord du quartier, et d'immeubles collectifs, au sud.

Du lieu qui fut une caserne militaire jusque dans les années 90, le projet conserve trois halles. Une (6000 m2) sera transformée en bureaux que la Semaad occupera en partie. Deux autres (2200 m2 cumulés) abriteront des ateliers d'artistes, parmi lesquels la Compagnie des 26 000 couverts, déjà implantée sur le site.

«Heudelet 26 sera tout le contraire d'un quartier dortoir et la première véritable traduction de la ville aux courtes distances formalisée dans l'éco-PLU (3)», ajoute Pierre Pribetich.

Ce sera également le premier nouveau quartier raccordé au réseau de chaleur que le Grand Dijon vient de confier à Dalkia. Tracé en partie le long de l'itinéraire, il sera alimenté par la chaleur de l'usine d'incinération et une chaufferie bois.

(1) avec EXP Architectes, Sempervirens Paysagistes et Even Conseils.

(2) Bouygues Immobilier avec l'agence Devillers-Architecte Nouvel Junior, Villa C avec Tridon Architecture, Atelier Calc et Sud Architectes, Voisin avec Rudolph Vinet Architecte et Tria Architectes, Sopirim associé à Villeo avec Eric Poillot, Villeo avec l'agence d'architecture Sala Cuzol et Topoiein Studio, Opac de Dijon avec l'agence d'architecture Sala Cuzol, l'agence Guillaume Viry Architectes et Tria Architectes, Orvitis avec Bernard Quirot Architecte et Associés, Bourgogne Habitat avec Studiomustard.

(3) Plan local d'urbanisme.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Dijon, Côte-d'Or, écoquartier, urbanisme, logement, logement social, Semaad

Découvrez également les articles associés :

Naissance de la SEM Henri Poincaré : l'économie mixte comme outil du développement économique dans le Grand EstNaissance de la SEM Henri Poincaré : l'économie mixte comme outil du développement économique dans le Grand Est
Are you Made in Jura ? Sept entreprises qui se développent à Dole  le revendiquentAre you Made in Jura ? Sept entreprises qui se développent à Dole le revendiquent
Avec les derniers équipements de l’Institut Image et le projet de Cité du numérique, Chalon-sur-Saône amplifie sa vocation sur l’image Avec les derniers équipements de l’Institut Image et le projet de Cité du numérique, Chalon-sur-Saône amplifie sa vocation sur l’image
En Saône-et-Loire, Mecateamcluster inaugure la première halle mutualisée de maintenance ferroviaireEn Saône-et-Loire, Mecateamcluster inaugure la première halle mutualisée de maintenance ferroviaire

5 réponse(s) à "Dijon : l'écoquartier Heudelet 26 devrait faire fuir les bobos"

  1. GIROD Michelledit :

    Projet fait au mépris des petites maisons qui longent ces hauts batiments. Merci pour nous qui sommes derrière et qui ne verront plus le soleil ! Et pour se garer dans le quartier, ça va être du sport vu le peu de parkings prévus !!!

  2. ABADdit :

    Belle com ... pour des cages à poules (dorées).

  3. dijon-ecolodit :

    Pour ceux que ça gêne de se passer d'une voiture (ce qui n'est pas complètement le cas ici), alors ils peuvent habiter ailleurs. Il y a de nombreuses constructions "classiques" dans Dijon.

  4. Fayarddit :

    Evidemment, quand un "bobo", qui plus est mâle, conçoit des logements notamment destinés à des familles éligibles au logement social, il ne sait même pas que l'on peut, soit travailler en un lieu que le Grand Dijon n'a pas pourvu en tramway (Longvic, par ex., pour aller y travailler à 5H00 du matin ce n'est tout simplement pas possible sans voiture), soit être parents et alors, avec 2 jeunes enfants et les courses, sans place pour la voiture, avec un quartier déjà sursaturé, ce n'est pas non plus possible. Par contre, un tel projet, cela permet de "briller" dans les colloques. Chacun ses valeurs.

  5. Emmanuel Picdit :

    Joli projet, pour des habitants qui ne circuleront qu'à pied... Les concepteurs n'ont sans doute jamais essayé de se garer dans le quartier le soir ?

Commentez !


Combien font "4 plus 8" ?

Envoyer votre commentaire