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«Il faut déjà y croire et y faire croire»

Publié par Didier Hugue, le 21 mars 2011

Avis d’expert. Labellisé en juillet 2005, le pôle de compétitivité Vitagora, dédié au goût à la nutrition et à la santé, acquiert de plus en plus une stature internationale grâce à de judicieuses alliances avec d’autres pôles français et étrangers.

Aujourd’hui, Vitagora fédère 143 membres : 110 entreprises (171 établissements industriels) et 33 organismes (syndicats professionnels, établissements d’enseignement supérieur, laboratoires et instituts de recherche).

Structure modeste, il dispose d’un budget de 900 000 € et emploie 7 personnes. Christophe Breuillet, son directeur, dresse un bilan à fin 2010 et livre sa recette pour «réussir» un pôle de compétitivité.

Comment se porte Vitagora en termes d’activité ?

Nous pilotons actuellement 131 programmes de recherche, dont une trentaine d’un niveau national ou européen. Ils ont déjà permis de créer 600 emplois et de générer un investissement de 110 millions d’€, dont 76 millions directement injectés par les industriels et 34 millions à l’initiative des laboratoires. Nous espérons à plus ou moins brève échéance un retour sur investissement de l’ordre de 800 millions d’€.

Rappelez-nous ce qu’est un pôle de compétitivité ?

À la différence d’une grappe d’entreprises qui réunit un réseau d’acteurs, soucieux de partager des problématiques technologiques comme commerciales identifiées pour s’adapter aux besoins de leur marché, un pôle de compétitivité fédère au sein d’un même secteur d’activité, voire de plusieurs, autour de thématiques beaucoup plus larges. L’excellence scientifique fonde son existence, son dynamisme comme son devenir. Elle doit impérativement impliquer de la recherche fondamentale publique, gage de développements futurs. De la même façon, l’enseignement supérieur doit être omniprésent au sein d’un pôle et, tout comme dans une grappe, l’implication des collectivités territoriales servir de relais fort.

Sur quoi repose la réussite actuelle de Vitagora ?

Je rappelle que même si nos axes de travail autour du goût, de la nutrition et de la santé, obéissent à une vraie question de société, bien peu croyaient en nos chances de succès à l’origine. Il a alors fallu y croire et prendre son bâton de pèlerin pour y faire croire. Et cela pour l’instant fonctionne car, nous avons l’objectif constant d’élargir notre communauté. D’un pôle régional, nous sommes devenu interrégional en attirant des acteurs de plus en plus nombreux de Franche-Comté. Pour atteindre une taille nationale, Vitagora s’est allié au pôle breton Valorial et à Agrimip en Midi-Pyrénées. Ce qui a donné naissance à F2C Innovation. Maintenant, nous nous attachons à avoir une dimension internationale en collaborant avec des pôles étrangers sous la bannière : World Food Innovation Net Work. Vous ne pouvez pas imaginer ma satisfaction de voir des start-up locales intéresser de grands groupes, notamment japonais.

Vous étoffez également vos axes de recherche en intégrant dorénavant la notion de bien-être à l’alimentation. Cela ne s’éloigne t-il pas trop de vos objectifs ?

Je ne crois pas, même si la lutte contre la faim et la malbouffe dans le monde est loin d’avoir aboutie. Mais, nous devons faire rêver et imaginer des produits comme des modes alimentaires d’un temps nouveau. Susciter le désir et procurer du plaisir. Et là, la notion de bien-être dans l’alimentation prend une place fondamentale. Le consommateur aujourd’hui ne veut plus uniquement se nourrir et bien se nourrir, il privilégie des critères éthiques pour son alimentation : commerce équitable, agriculture raisonnée, produits bio, appareils électroménagers de cuisson qui préservent les qualités nutritionnelles comme organoleptiques des aliments, circuits courts… L’enjeu de la sixième édition de notre congrès qui se déroulera du 22 au 23 mars à Dijon réside dans cette aspiration humaniste qui se fait jour un peu partout dans le monde.

Pour en savoir plus : www.gout-nutrition-sante.com



Roger Martin BTP
Article classé dans : Avis d'expert

Mots-clés : Franche-Comté, Bourgogne, Santé, Vitagora, Christophe Breuillet, Goût, nutrition, pôle de compétitivité, alimentation

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